Tendances

Après la high-tech, voici le temps de la “low-tech”

Toujours plus de fonctionnalités, d’électronique et de gadgets sophistiqués… Tellement sophistiqués qu’il faudrait presque imaginer un nouveau gadget pour nous aider à maîtriser tous ces gadgets ! Et si on disait stop ? L’innovation technologique, qui mobilise fortement autant les politiques que les start-up, n’est pas la seule voie possible. Des initiatives (plus ou moins désintéressées) émergent pour valoriser des produits “low-tech”, faciles à utiliser et peu consommateurs de ressources et d’énergie.
Vous utilisez toujours un agenda papier ? Vous préférez passer un coup de fil plutôt que d’envoyer un e-mail ? Vous ne comprenez pas l’engouement autour des montres connectées ? Vous êtes peut-être “low-tech” sans le savoir. Créé en opposition au terme “high-tech”, le terme “low-tech” a été popularisé par l’ingénieur Philippe Bihouix dans son ouvrage L’âge des low-tech : Vers une civilisation techniquement soutenable, publié en 2014. Son point de vue ? A l’heure où les ressources s’épuisent, il n’est plus tenable d’opter pour toujours plus d’objets et de produits technologiques, gourmands en ressources naturelles non renouvelables et de plus en plus rapidement obsolètes. Il appelle de ses vœux une ère des “basses technologies”, incluant le moins possible de terres rares et de composants électroniques dans la conception des produits.

Ce concept avait été mis en avant dès 2010 par l’économiste Michel Godet dans son rapport sur la créativité et l’innovation dans les territoires : “Cette orientation, voire cette fascination pour le high-tech, que l’on peut aisément comprendre, est néanmoins contre-productive. L’innovation peut aussi concerner le low-tech, même s’il est rare qu’elle ne laisse aucune place à la technologie, à l’heure d’Internet et de Google”, y décrivait-il. Certaines entreprises l’ont bien compris et se sont emparées du phénomène, à l’image de la chaîne de magasins spécialisés Darty, qui a créé un bouton connecté de service après-vente (SAV), permettant d’une simple pression d’être rappelé par un conseiller clientèle en cas de souci, ou des Taxis Bleus, qui ont installé un buzzer dans des hôtels et restaurants parisiens pour commander un taxi d’un clic. Des aménagements qui permettent de toucher un public non-technophile… une façon aussi peut-être de les familiariser avec les objets connectés avant que ceux-ci ne deviennent dans quelques années des objets de grande consommation ?
eco-jonction septembre 2015

 

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