Newsletter mai 2016

Eco-jonction : l’info innovation pour les entreprises    n°67    mai  2016

Nouveaux produits, nouveaux services, nouveaux marchés… Eco-jonction s’intéresse aux nouvelles idées et informe les décisionnaires sur les différents aspects de l’innovation : marketing, communication, gestion, production, développement durable, ainsi que sur les dispositifs d’aides existants pour développer les entreprises.

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Brèves

10 innovateurs français récompensés par le MIT

Une plateforme dédiée à la prise de rendez-vous 24h sur 24h et sept jours sur sept avec un médecin, un projet de télésurveillance des artères, un système de bio-éclairage : dix projets d’innovateurs français de moins de 35 ans ont été récompensés par le célèbre MIT Technology Review le 14 avril 2016 à L’Atelier BNP Paribas à Paris. Sélectionnés parmi quelque 200 candidatures présentées cette année dans différents domaines (biotechnologie, médecine, software & hardware…), ceux-ci ont été retenus pour venir assister au congrès EmTech 2016 du MIT à Boston du 18 au 20 octobre 2016. Parmi eux, deux ont reçu une mention spéciale. Clémentine Chambon est nommée innovatrice sociale 2016 avec son projet de production d’électricité par la biomasse et la technologie solaire Oorja. Timothée Boitouzet est élu innovateur de l’année avec Woodoo, projet dédié à la reconstruction moléculaire d’un bois innovant, translucide, économique et très résistant.
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Votre impact digital au travail n’est pas aussi anodin que vous le pensez…

1 520 kWh d’énergie (soit l’équivalent de 19 ampoules basse consommation allumées 24h/24 x 220 jours ouvrés), 514 kg de CO2 (3 100 km en voiture) et 23 555 litres d’eau (428 douches) : voilà l’impact moyen par salarié et par an de l’activité numérique d’une entreprise. Révélés par une étude menée par le CIGREF et le Club Green IT, ces chiffres varient en réalité très fortement d’une entreprise à l’autre. Ainsi, on note un écart significatif entre les organisations : les entreprises qui se donnent les moyens de réduire leur consommation énergétique digitale ont une empreinte globale jusqu’à trois fois inférieure à celles qui ne font rien. Parmi les sources possibles d’économies d’énergie, l’étude pointe notamment : une meilleure politique d’achats, le réemploi des matériels à l’issue de leur première vie, l’utilisation d’électricité fabriquée à partir d’une énergie primaire renouvelable ainsi que l’éco-conception des logiciels. Si peu de solutions existent à ce jour, certaines sont en train d’émerger. En avril, Eco-Jonction avait ainsi interviewé le dirigeant de GREENSPECTOR, une solution conçue à Nantes pour réduire l’impact écologique des logiciels.

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Les métiers de la RSE rendent-ils plus heureux ?

Salariés de la RSE et du développement durable, êtes-vous plus heureux au travail que les autres ? C’est ce que tend à démontrer une étude récente menée par l’institut britannique IEMA (Institute for Environnemental Management and Assessment). Ainsi, 82% des professionnels du secteur de la RSE et du développement durable interrogés se déclarent satisfaits au travail, un chiffre bien supérieur à la moyenne. Parmi les raisons qui expliquent un tel enthousiasme, l’organisme pointe des salaires à la hausse et supérieurs à la moyenne nationale, une attention de la hiérarchie au développement personnel de cette catégorie de salariés ainsi que le fait que le travail en lui-même soit gratifiant et porteur de sens.
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L’auto-partage en plein essor

Encore marginal par rapport  à l’usage de véhicules privés,  l’auto-partage gagne du terrain, selon une étude récente du cabinet BCG (Boston Consulting Group). Au niveau mondial, le marché représente 86 000 véhicules et 5,8 millions d’usagers. L’Europe est le deuxième plus grand marché avec 2,1 millions d’usagers et 31 000 véhicules circulant en auto-partage, juste derrière l’Asie (2,3 millions d’usages et 36 000 véhicules). La numérisation de l’économie, le souci d’une mobilité durable et la volonté de réduire le “budget transport” expliquent notamment cette progression. Les perspectives sont encourageantes : d’ici à 2021, le marché de l’auto-partage représenterait 35 millions d’usagers et génèrerait des revenus annuels 4,7 milliards d’euros.
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Portrait

Une coopérative réinvente le troc entre les entreprises

Le troc est vieux comme le monde… Mais dans une période propice à l’économie collaborative, circulaire et de proximité, l’échange semble trouver un nouveau souffle. Il séduit même les professionnels ! Rencontre avec Samuel Cohen, co-fondateur de la plateforme coopérative d’échanges inter-entreprises France Barter.

Qu’est-ce que France Barter ?

Il s’agit d’une place de marché lancée en 2014, qui organise un mode de commerce et de financement innovant, basé sur l’échange de services et de marchandises pour les TPE et PME principalement. Concrètement, une entreprise inscrite sur le réseau va pouvoir échanger des services et des produits avec d’autres sociétés adhérentes à France Barter. Par exemple, une société d’événementiel pourra organiser un événement pour un cabinet d’expertise comptable. Et, pour “payer” cette prestation, ce cabinet pourra, lui, proposer des services de comptabilité à d’autres entreprises du réseau en échange.

Pourquoi les entreprises devraient-elles favoriser ce système d’échange ?

Notre activité est basée sur une notion d’économie collaborative, circulaire et de proximité. En effet, ce système favorise le développement de relations commerciales entre des entreprises situées dans une même zone géographique. Je pense par exemple à une société qui avait l’habitude de faire réaliser des T-shirts imprimés à l’autre bout du monde et travaille aujourd’hui avec une entreprise de sa région : celle-ci était peut-être moins compétitive en termes de prix mais est devenue intéressante dans le cadre d’un échange.

Par ailleurs, notre plateforme offre deux opportunités pour les entreprises : tout d’abord, celles-ci vont pouvoir préserver leur trésorerie, en finançant leurs dépenses courantes (souvent peu ou pas financées par les banques) en produisant pour les clients du réseau ; par ailleurs, notre plateforme va leur permettre de développer leur clientèle, en entrant en contact avec de nouveaux clients.

Près de deux ans après votre lancement, où en êtes-vous de votre développement ?

Aujourd’hui, 500 entreprises sont membres du réseau. Et, parmi elles, 85% sont actives, ce qui signifie qu’elles ont déjà réalisé des transactions. En 2015, nous avons enregistré un volume d’échanges représentant plus d’un million d’euros. Et nous sommes actuellement en train de boucler une levée de fonds en financement participatif de 200 000 euros. Au début, les entreprises étaient relativement timides en termes de volume d’échanges. La transaction moyenne s’élevait à 1000 euros et concernait des prestations peu stratégiques, comme la réalisation de cartes de visite, des impressions ou du conseil juridique. Nous avons doublé cette transaction moyenne et aujourd’hui de plus en plus d’entreprises utilisent la plateforme pour trouver des partenaires stratégiques pour leur activité.

L’échange entre entreprises semble encore peu développé en France. Pourquoi ? Et qu’en est-il des autres pays ?

J’ai découvert ce mode de commerce aux Etats-Unis en 2008 pendant la crise. A l’époque, les banques finançaient moins les TPE et PME et l’échange a permis aux entreprises de trouver une nouvelle façon de se financer et de poursuivre leur développement. L’échange entre entreprises est très développé en Amérique du Nord, où on compte près d’une centaine de sociétés sur ce secteur. En Australie, deux sociétés se partagent le marché.

Du côté de l’Europe, la monnaie interentreprises WIR a été développée dès les années 30 en Suisse ! Aujourd’hui, entre un tiers et un quart des sociétés suisses utiliseraient ce système d’échange ! En France, les SEL (systèmes d’échanges locaux) ont nés pour les particuliers. Certains corps de métiers, comme des coiffeurs ou des maçons, sont entrés dans ces formes de troc mais des jurisprudences de la Cour de cassation ont coupé court à ces pratiques quand il s’agit de professionnels (la fiscalité est différente). Puis, en 2013, un rapport interministériel a posé les bases pour les plateformes d’échanges interentreprises en France.

Quels sont vos projets pour continuer de développer France Barter ?

Grâce à la levée de fonds que nous sommes en train de boucler, nous souhaitons étoffer notre équipe de commerciaux et de développeurs web. Par ailleurs, nous allons poursuivre une expérimentation menée en 2015, en favorisant l’émergence d’écosystèmes locaux. En effet, en 2015, en plus de nos implantations à Paris et Lyon, nous avons ouvert deux bureaux avec des entrepreneurs locaux à Albertville et à Pointe-à-Pitre (Karaib barter Exchange) pour animer localement le réseau d’entreprises sous la bannière France Barter. Nous sommes donc actuellement à la recherche de relais locaux qui puissent prendre à leur charge la création et l’animation d’un réseau local dans leur ville ou leur région. Par ailleurs, nous allons mettre en place un plan de communication pour faire plus connaître plus largement la plateforme et le système de l’échange entre entreprises.

Plus d’informations sur   www.francebarter.coop
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Tendances

Après le  “made in France” … vive le “made in régions”

Si l’économie tricolore peine à retrouver toutes ses couleurs, ce n’est sûrement pas dû à la façon de consommer des Français. Dans la lignée du “made in France”, le pays assiste à l’éclosion d’une nouvelle manière d’acheter civique : le “made in régions”. Un regain d’intérêt pour les produits fabriqués au plus près des citoyens, comme en témoigne une récente étude menée par OpinionWay pour AlittleMarket.com.

Le “made in régions” progresse

La tendance observée ces dernières années vis-à-vis d’un changement de comportement des consommateurs tricolores se confirme. Ainsi, 60% d’entre eux souhaitent privilégier l’achat de produits régionaux. Conscients du coût induit, ils sont encore 45% à déclarer que “cela en vaut la peine et représente un réel impact économique pour leur région”. Les habitants du Nord-est et du Sud-ouest s’affirment comme les plus militants.

Un phénomène sociétal

Bien que le prix reste un enjeu important dans l’acte d’achat, il est de moins en moins l’unique facteur. Aussi, l’engagement du consommateur pour un produit plus sûr et de qualité, ainsi que le soutien à l’économie locale sont les nouveaux vecteurs d’une consommation plus “citoyenne”. Surtout, ce phénomène ne se limite plus au seul domaine alimentaire comme pas le passé mais concerne également les produits d’hygiène, la décoration, les accessoires de mode et l’habillement. Il semble désormais solidement ancré dans toute la société : l’étude montre que des Français de tous les âges, hommes et femmes confondues, ainsi que de toutes les catégories sociaux-professionnelles souhaitent favoriser leur région.

Un tissu d’acteurs locaux

Dans la foulée des AMAP, l’essor de services comme La Ruche Qui Dit Oui témoigne de cette volonté de consommer local et régional. Cette plateforme favorise en effet le circuit-court grâce à la remise en mains propres de produits alimentaires directement du producteur au consommateur. De nombreux labels régionaux ont également émergé pour accompagner cette tendance, à l’image de “Produit en Bretagne”, “Produit en Limousin” ou “Made in Mayenne”.
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Etranger

Un supermarché berlinois supprime des intermédiaires

Dans un supermarché de Berlin, les clients peuvent désormais récolter eux-mêmes leurs fruits et légumes avant de les payer à la caisse ! La start-up Infarm a imaginé un concept de “ferme urbaine”, qui supprime les intermédiaires.

Une ferme urbaine dans un supermarché

Le concept est novateur et pourrait changer la vie de bon nombre d’habitants de Berlin. L’idée est venue aux trois fondateurs de cette société fondée en 2014 à la suite de leur déménagement de Tel Aviv dans la capitale allemande deux ans plus tôt. Après avoir mis sur le marché une mini-serre pour les particuliers, ils décident d’aller plus loin : en partenariat avec la chaîne de supermarchés Metro, ils installent la première mini-ferme verticale à l’intérieur de l’une des grandes surfaces de Berlin, dans le quartier de Friedrichshain.

Un système de qualité

Conçue pour permettre aux clients de récolter eux-mêmes leurs fruits et légumes, la serre verticale abrite une variété de salades, d’herbes et de légumes qui poussent sous leurs yeux. L’installation occupe moins de surface au sol qu’un rayon standard et s’étend sur 5 m2. À l’intérieur, les pots sont cultivés en agriculture hors-sol sur une fine couche d’eau, et enrichis d’engrais naturels et d’oxygène. Les plantes sont éclairées par des LED afin d’imiter la lumière du soleil de façon économe du point de vue énergétique. Des micro-capteurs sont chargés de mesurer et de suivre le rendement pour offrir les conditions idéales au développement des produits.

Un moyen de consommation alternatif

La jeune pousse ambitionne de rendre les villes auto-suffisantes en termes de production. Plus de transports donc d’émissions de CO2, ni d’intermédiaires : autant d’arguments pour révolutionner en profondeur un secteur agro-alimentaire parfois à court d’idées face aux défis nutritionnels et environnementaux.

Plus d’informations sur le site d’Infarm.
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Produits

Et si la mer offrait le carburant du futur ?

La société nippone Euglena développe des bio-carburants à base de micro-algues appelées les euglènes. Le projet, baptisé DeuSEL, présente un double objectif : réduire les émissions de gaz carbonique et offrir une alternative plus écologique aux bio-carburants à base de maïs et de canne à sucre. Si les recherches effectuées au Japon depuis quarante ans avaient révélé l’intérêt des euglènes dans l’alimentation ou les carburants, sa production en grande quantité n’a été rendue possible par Euglena que depuis 2005. Les euglènes sont économiques à produire (elles grandissent dans des piscines via la photosynthèse), et présentent l’avantage d’absorber le gaz carbonique. Fort de son récent partenariat avec le constructeur automobile Isuzu, Euglena projette d’industrialiser d’ici 2018 la production de véhicules roulant au DeuSEL et de développer un bio-carburant destiné aux avions ! Depuis un an, des bus roulent au DeuSEL entre une des usines Isuzu et la gare la plus proche. Une première mondiale !
Plus d’informations sur  http://www.isuzu.co.jp/world/csr/contribution/performance/005.html
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Un scooter électrique pour les livraisons

La livraison écologiquement responsable a de l’avenir. Si le secteur est encore embryonnaire en France, de nouvelles solutions s’offrent aux professionnels. Importé par l’entreprise marmandaise RP diffusions, le scooter utilitaire RPS Cargo offre à ses clients une solution de service à domicile pratique et écologique. Doté de deux caissons d’une capacité de 160 litres au total, il se distingue grâce à une autonomie de 80 kilomètres après recharge. Le véhicule est également muni d’une prise USB, d’une autre prise de type allume-cigare et bientôt d’un système de géolocalisation. La formule de location (E.ZY LOC) mise en place par RP Diffusions à destination des professionnels est unique : pour huit euros HT par jour, le client bénéficie de la location, de l’assurance et de l’entretien du véhicule (révision complète et “remise à neuf” tous les 3000 kilomètres).
Plus d’informations sur le site d’E.ZY LOC.
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Transformez vos objets en panneaux solaires

La start-up polonaise Saul Technologies développe un nouveau procédé, qui pourrait permettre d’installer des films photovoltaïques sur l’objet de votre choix. Cette solution s’appuie sur un minerai à la structure cristalline particulière : la perovskite. Présente dans les éléments naturels (roche, magma), cette pierre est aussi reproductible en laboratoire par synthèse chimique. Celle-ci permet de réaliser, via un procédé similaire à l’impression 3D, un film photovoltaïque semi-transparent et ultra flexible. Ces mini-panneaux solaires pourraient être installés sur n’importe quelle surface (toit, fenêtre, téléphone intelligent, etc.). Le procédé se révèle moins coûteux que l’utilisation du silicium dans les panneaux solaires classiques, et convertit la lumière du soleil de façon plus efficace (20% pour la perovskite contre 14,5% avec le silicium). Saul Technologies espère commercialiser ces panneaux solaires nouvelles génération d’ici 2017.
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La capsule de café réutilisable, what else ?

Un petit café ? Cette phrase résonne chaque matin dans toutes les entreprises. Grâce à WayCap, il ne sera bientôt plus indispensable de jeter les dosettes les unes après les autres une fois la tasse vidée. Après avoir connu un vif succès lors de sa campagne de crowdfunding, la capsule réutilisable (encore au stade de prototype) pourrait voir le jour grâce à trois Italiens désireux de limiter l’empreinte écologique due à la consommation mondiale de café “en dosette”. Fabriquée en acier inoxydable “made in Italy”, facile à remplir et rapide à préparer, elle est compatible avec les machines Nespresso et présente toutes les qualités d’une capsule classique. La différence se situe surtout au niveau du prix : le café en dosette individuelle coûte quatre à dix fois plus cher que le café en sachet classique. Avec WayCap, Georges Clooney pourrait enfin boire un café en adéquation avec ses engagements environnementaux.
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