Newsletter mars 2016

Eco-jonction : l’info innovation pour les entreprises    n°65     mars  2016

Nouveaux produits, nouveaux services, nouveaux marchés… Eco-jonction s’intéresse aux nouvelles idées
et informe les décisionnaires sur les différents aspects de l’innovation : marketing, communication, gestion, production, développement durable, ainsi que sur les dispositifs d’aides existants pour développer les entreprises.

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Brèves

Vous avez un projet innovant basé sur les technologies numériques ?

Le Concours d’Innovation Numérique (CIN) n’attend que votre candidature !  Lancé en mai 2015, ce dispositif de soutien à l’excellence dans le numérique reste méconnu par une majorité de start-up françaises. Sur les milliers de jeunes pousses éligibles au concours, seulement 233 ont répondu aux deux premiers appels à candidature. Quarante-et-une ont été récompensées dans huit catégories : mieux vivre, partager, mieux apprendre et se cultiver, s’entraider, mieux se déplacer, mieux consommer, mieux produire et construire une croissance verte. Financé dans le cadre du Programme d’Investissements d’Avenir (PIA), le dispositif permet de soutenir les dépenses des projets lauréats à hauteur de 50% maximum (une moitié en subvention et une autre sous forme d’avance remboursable). Il fait aussi office de label à faire valoir auprès des investisseurs privés. Les dossiers de candidature peuvent être déposés sur le site de BPIfrance et sont collectés à trois reprises au cours de l’année. Il reste deux “levées” (6 juillet et 3 novembre) aux start-up désireuses de concourir au CIN en 2016.
eco-jonction mars 2016

Le tour de France de l’innovation verte

Une chaudière numérique conçue par une entreprise grenobloise, un bateau hybride tout droit venu du Doubs ou encore des modules photovoltaïques fabriqués dans le Lot-et-Garonne ? BPIfrance a choisi de mettre en valeur les principales initiatives tricolores en matière d’innovation verte grâce à une carte de France interactive disponible sur son site. Plus de 40 projets de toutes les régions françaises y sont référencés. Il suffit de se balader sur la carte pour découvrir ces initiatives “green”, recensées par BPIfrance tout au long du mois de février. Si ce tour de France de l’innovation verte ne distingue pas de vainqueur, il n’en donne pas moins une cartographie du meilleur de l’éco-innovation hexagonale. La production et le stockage d’énergies renouvelables, les biocarburants et le traitement des déchets y apparaissent comme les principaux atouts de l’économie verte tricolore.
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Le « Green Nudge » : une incitation au développement durable

Le « nudge » est une nouvelle manière d’inviter à des changements de comportement. Cette approche issue des techniques marketing a pour principe d’utiliser des moyens simples et peu onéreux pour inciter les individus à changer leurs comportements. Le nudge permet  des résultats rapides et dans des proportions importantes. Utilisé dans les dernières campagnes électorales, le nudge met aujourd’hui son efficacité au service d’autres domaines : politiques publiques, actions stratégiques d’entreprise, ou encore développement durable… Décliné alors sous forme de « green nudge », ce nouveau levier permet d’inciter les individus à adopter une attitude plus responsable. Comment ? Réponse et exemples concrets sur le Printemps des études le jeudi 14 avril 2016 à 9h30 : BVA Earth, des études d’évaluation au Green Nudge : être efficace dans le développement durable.
Retrouvez le programme sur : www.printemps-etudes.com
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Gestion

Salaires développement durable : êtes-vous bien payé ?

Le cabinet de recrutement Birdeo fait le point sur les salaires et les profils des cadres du développement durable et de la RSE.

Des réalités diverses
Chef de projet développement durable, chargée de mission RSE & investissement responsable, directeur environnement, etc. : avec plus de 500 intitulés de poste référencés sur les 650 répondants de la grande enquête de Birdeo, le secteur du développement durable recouvre des réalités très différentes selon les entreprises. Quels sont les profils les plus fréquemment rencontrés ? Consultant développement durable, consultant environnement, cadre dans un service développement durable, achat responsable et supply chain, marketing et communication, reporting extra-financier.

Des profils de haut niveau
Titulaires d’un Bac+5 et plus (pour 89% d’entre eux), les cadres de la RSE et du développement durable sont également souvent pluri-diplômés (40%). Plus de la moitié d’entre eux dispose également d’une expérience à l’international. Près des trois quarts ont intégré le secteur par conviction, motivés par les valeurs qu’il véhicule. Fait intéressant : alors qu’en moyenne les femmes cadres perçoivent une rémunération de 21% inférieure à celle de leurs collègues masculins, une égalité salariale peut être observée dans le secteur.

Quels salaires ?
En moyenne, un cadre de la RSE et du DD peut espérer gagner 55 000 euros par an. Sans surprise, les salariés du privé sont mieux lotis avec une rémunération de 56 7000 euros, contre 51 800 dans le public et 45 300 dans le milieu associatif. Le secteur d’activité influe également sur le salaire : les domaines du luxe et des cosmétiques (66 000 €) ainsi que de la distribution et la consommation responsable (59 000 €) sont les plus lucratifs. A l’inverse, le conseil en RSE et DD (52 000 €), l’environnement et l’énergie (53 000 €) offrent les rémunérations les moins attractives. Enfin, les cadres issus d’école de commerce et d’ingénieurs ont en moyenne des salaires plus élevés, ces formations étant souvent considérées comme plus “prestigieuses”.
eco-jonction mars 2016

 

Tendances

Le numérique va révolutionner notre alimentation

Vous reprendrez bien un petit peu de numérique ? Alors que les nouvelles technologies investissent tous les aspects de notre quotidien, celles-ci transforment notre façon de nous alimenter.

La FoodTech, nouvelle tendance de fond
Portée par un désir des populations de mieux se nourrir, l’innovation dans l’alimentation se développe. Il suffit pour s’en convaincre d’observer le nombre d’incubateurs et de clubs qui s’emparent du sujet en France : l’association Digital Food Tech, les incubateurs Smart Food Paris et 33 entrepreneurs à Bordeaux… Un concours annuel, intitulé e-food, a également été créé pour distinguer les start-up les plus innovantes du secteur. Mieux : cinq jeunes pousses européennes, américaines et chinoises de la FoodTech sont apparues pour la première fois en 2015 dans le top des “licornes” (start-up valorisées à plus d’un milliard de dollars).

Une troisième révolution agricole ?
Les défis posés par le numérique à l’agriculture sont tels que le think-tank français Rénaissance numérique n’hésite pas à parler de “troisième révolution agricole”. Dans son livre blanc Les Défis de lagriculture connectée dans une société numérique, celui-ci estime ainsi que l’accroissement rapide de la population mondiale lié à la réduction des surfaces agricoles représenteront des challenges majeurs pour l’agriculture. Selon la FAO, la production mondiale de nourriture devrait augmenter de 60% d’ici 2050 pour nourrir la population. Ces données font peser des menaces lourdes sur le secteur mais offrent également autant d’opportunités d’imaginer l’alimentation de demain.

L’innovation dans votre assiette
De nombreuses entreprises inventent déjà d’autres façons de s’alimenter. BeyondMeat, start-up créée en 2009 et financée par Bill Gates, propose ainsi des viandes dépourvues de toute protéine animale. Un laboratoire de Maastricht aux Pays-Bas a, lui, créé le premier steak in vivo. De son côté, Foodini (dont nous avions déjà eu l’occasion de vous parler) a développé une imprimante 3D capable de réaliser une centaine de plats. Et l’intelligence artificielle ChefWatson IBM imagine des recettes à votre place. Prêts à sauter le pas ? Paris accueille la toute première boucherie… végétariennefrançaise !
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Portrait

La TPE qui ambitionne de créer une filière bioplastique en Vendée

Créateurs de l’entreprise vendéenne Ekoverde, dédiée à la vente en vrac d’eau et de détergents, Lucien Kerezit et Alessio Romeo  cherchent à faire de la Vendée un territoire pionnier dans le développement des bioplastiques. Un rêve un peu fou qui mobilise acteurs publics et privés dans le département. Rencontre.

Comment avez-vous lancé Ekoverde ?
J’ai créé Ekoverde avec Lucien Kerezit en décembre 2014. Notre idée était de développer une activité autour du zéro déchets pour favoriser une consommation plus durable. Nous avons ainsi lancé la FontEko, une borne destinée aux campings et combinant un distributeur de détergent et de nettoyant 100% naturel et un distributeur en libre-service d’eau plate et gazeuse, rafraîchie et micro-filtrée. Nous y fournissons également des contenants 100% végétal, que nous collectons ensuite également via la FontEko.

Un an après le début de votre activité, quels sont les premiers retours ?
L’été dernier, nous avons pu installer une FontEko sur un camping pilote, le Castel Camping La Garangeoire en Vendée, qui nous a accueilli à bras ouverts. C’est un camping qui est fréquenté à 90% par des Anglais. Ce n’est pas dans leur culture de boire de l’eau du robinet. Et pourtant, ils ont adhéré au concept. Et on a pu se rendre compte qu’ils adoptaient les bons gestes sans efforts, en ramenant les bouteilles usagées à la FontEko. C’est très encourageant !

Mais nous avons aussi pu nous rendre compte à quel point il peut être difficile de convaincre les campings d’adopter ce type de distributeur. Les dirigeants de campings sont avant tout des gestionnaires. Ils veulent savoir combien ça va leur coûter et combien ça va leur rapporter. La plupart sont encore assez éloignés des préoccupations environnementales. Malgré tout, nous avons participé à un salon récemment et nous avons pu avoir de très bons contacts avec certains d’entre eux. Nous sommes confiants pour la suite.

Avez-vous d’autres débouchés ? 
Oui ! Nous avions imaginé la FontEko pour les campings mais nous rendons compte que de nombreux autres débouchés s’offrent à nous, notamment via le secteur institutionnel. Nous sommes actuellement en discussions avec la ville de La Roche-sur-Yon pour installer des FontEko. Des projets sont en cours pour en mettre sur des pistes cyclables, des espaces sportifs ou lors de grands événements.

En plus de son rôle de distribution d’eau, la FontEko peut également être un lieu d’éducation et de communication pour sensibiliser le plus grand nombre à des sujets environnementaux comme la différence entre plastique et bioplastique, les ressources en eau, etc.

Quels sont vos projets pour les mois ou années à venir ?
Notre implantation locale en Vendée est très importante pour nous. Nous faisons aujourd’hui fabriquer nos contenants biodégradables en France mais pas dans le département. Nous cherchons donc à mobiliser toutes les bonnes volontés pour créer une filière bioplastique en Vendée. Nous avons la solution technique : nous pourrions développer du bioplastique à partir de déchets agricoles avec un partenaire local. Le Conseil départemental, Vendée expansion, la coopérative agricole CAVAC : nous les avons conquis un par un tous les institutionnels et tout le monde est intéressé. Nous avons réussi à fédérer autour de cette idée, reste maintenant à structurer cette activité et débloquer les fonds pour créer cette filière locale, sans intermédiaire et appuyée sur une logique d’économie circulaire. La Vendée a déjà été distinguée comme l’un des territoires zéro déchets, à nous d’en faire LE territoire zéro déchet !

Plus d’information sur Ekoverde
eco-jonction mars 2016

 

Produits

La voiture renouvelable, tu l’aimes ou tu la kit

L’industrie automobile pourrait prendre un nouveau virage. La société tricolore France Craft a développé une gamme de véhicules en kit, “aussi simples à produire qu’à réparer”. Tous les éléments de la voiture, fabriqués par des fournisseurs externes, sont personnalisables en ligne : taille, carrosserie, espace intérieur, accessoires, sources d’énergie (hybride ou électrique), etc. Une fois tous les modules sélectionnés via un configurateur dédié, puis réceptionnés, il suffit de quelques heures à un professionnel automobile agréé pour assembler les différents composants. Afin de certifier le travail de montage, France Craft a créé une plateforme “mobility development kit”, destinée à ses partenaires. L’optimisation accrue du nombre de pièces nécessaires à la construction du véhicule (580 contre 6 000 à 10 000 pour une voiture classique) confère une simplicité et une rapidité d’exécution inédites. D’une autonomie allant de 100 à 200 km, les trois premiers modèles, commercialisés sous la marque Pixel XYT, ont reçu l’homologation “M1”, la plus haute certification pour un véhicule de tourisme. Présent en janvier au salon CES de Las Vegas, France Craft remet en question l’idée même d’obsolescence des véhicules. Son modèle économique compétitif, basé sur la sous-traitance des éléments à assembler (charges variables, plus de souplesse), permet de vendre une Pixel XYT au prix du marché.
Plus d’informations sur  www.francecraft.fr
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La première prise électrique solaire et nomade

L’idée n’en est encore qu’au stade du prototype mais pourrait révolutionner notre quotidien : Boa Oh et Kyuho Song, deux designers coréens, ont imaginé Window Socket, une prise électrique solaire à coller sur n’importe quelle fenêtre. Des cellules photovoltaïques installées au dos du dispositif captent l’énergie solaire pour la restituer lors du branchement d’un appareil. Parfaitement autonome, cette prise électrique de poche permet de recharger gratuitement téléphones, ordinateurs, etc. Cinq à huit heures sont actuellement nécessaires pour permettre au Window Socket d’atteindre une charge complète, offrant une dizaine d’heures d’autonomie. Les deux designers espèrent améliorer au plus vite les capacités énergétiques de cet appareil pour envisager une commercialisation.
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Au travail, je vois la vie en vert

Travailler, c’est bien. Travailler dans une atmosphère plus saine, c’est mieux. La société landaise ACA-O a développé dans ce sens GreenMe. Cet objet connecté design aux faux airs de rubik cube est adaptable à tous types de bâtiments. Capable de mesurer en continu dix paramètres environnementaux liés au confort et à la santé (température, qualité de l’air, bruit, etc.), GreenMe collecte ces données afin d’établir un constat précis de la qualité de l’environnement de travail. Ces informations sont stockées puis transmises aux services d’ACA-O et analysées. L’application mobile GreenMe permet à chacun des utilisateurs d’accéder aux résultats de son objet connecté et d’interagir directement avec lui en exprimant le confort ressenti. La gestion générale des données s’effectue en ligne grâce à l’application web GreenMe Analytics. Les résultats peuvent être affichés sur différents supports (écran tactile, un site web) afin d’être partagés avec l’ensemble du personnel ou avec des visiteurs.
Plus d’informations sur  www.greenme.fr
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Dites-moi comment est votre bâtiment et je vous dirai combien d’économies d’énergie vous pouvez faire

L’audit énergétique traditionnel d’un bâtiment coûte cher. Et lorsqu’il s’agit de le réaliser à plus grande échelle, il peut s’avérer peu rentable. L’alternative pourrait s’appeler Deepki. Fondée par Vincent Bryant et Emmanuel Blanchet, la start-up tricolore a conçu une évaluation énergétique virtuelle. Effectuée à distance, l’étude consiste en une vaste collecte d’informations analysées et modélisés grâce aux outils statistiques et informatiques. Au lieu de visiter chaque bâtiment et d’y placer des compteurs, Deekpi récolte le maximum de données auprès du client (adresse, surface, équipements installés, nombre d’occupants et de visiteurs, etc.). L’analyse de ces “data » constitue un référentiel complété par les éléments extérieurs à la structure (météo, climat, orientation). Ce travail permet de dresser le profil énergétique des lieux et d’établir un plan d’actions : régulation thermique, remplacement d’équipements ou encore optimisation des achats… Créée il y a un peu plus d’un an, Deepki garantit des économies d’énergie d’au moins 5%. La société a déjà séduit plus de soixante clients (SNCF, Picard, Orange…) et réalisé un chiffre d’affaires de 500 millions d’euros pour l’année 2015.
Plus d’informations sur  www.deepki.com
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