Green IT : quand les constructeurs s’engagent
Selon le rapport « TIC et développement durable », réalisé pour le compte du ministère du développement durable en 2008, les gaz à effet de serre générés par la fabrication et la consommation énergétique des TIC (technologies de l’information et de la communication) représenteraient 5% des émissions françaises. Les machines utilisées étant toujours puissantes et les particuliers et les professionnels de plus en plus équipés, ce chiffre est en constante augmentation depuis 10 ans. Mais la tendance verte des Green IT est en marche : fabricants de matériels et éditeurs de logiciels adaptent leurs produits pour réduire l’impact des parcs informatiques.
Greenbashing ou réel engagement ?
Téléphones portables éco-conçus, ordinateurs écologiques, imprimantes recyclables : les industriels jouent la carte du développement durable. Difficile parfois pourtant de faire la différence entre un réel engagement et du greenwashing. Pour vérifier l’adéquation du discours des marques avec les performances écologiques, des comparateurs en ligne, comme celui mis en place par la certification Epeat (www.epeat.net), permettent d’évaluer l’impact énergétique de nombreux matériels informatiques, en fonction de la marque et du modèle. Anticipant l’évolution de la législation, certaines marques, comme SFR ou Apple, affichent l’impact environnemental de leurs produits sur leur site internet et en boutique.
Sachant que l’empreinte écologique d’un appareil électronique provient principalement de sa fabrication et de la gestion de son démantèlement, le meilleur moyen pour réduire cet impact reste encore de prolonger la durée de vie des appareils. Or, aujourd’hui, celle-ci est de moins de trois ans pour un ordinateur. Alors que ce temps a été divisé par trois ces dix dernières années, certains fabricants vont à contre-courant de cette tendance du jetable. Ainsi, l’entreprise bordelaise Meta-IT (www.meta-it.fr) commercialise des postes de travail éco-conçus… et garantis 6 ans.
La jungle des écolabels
Par ailleurs, pour aider les particuliers et les entreprises à faire un choix réfléchi, de nombreux écolabels ont été créés. Mais attention, certaines labellisations sont lancées par des organismes indépendants reconnus, d’autres par l’industrie informatique elle-même : toutes ne se valent donc pas. Parmi les écolabels les plus sérieux et contraignants pour les fabricants, on retrouve ainsi :
- les normes RoHS et EuP. Elles reconnaissent l’éco-conception des produits (réduction de l’usage de substances toxiques dangereuses comme le plomb, le mercure, etc. pour la directive RoHS, réduction de la consommation d’énergie pour EuP) ;
- les labels NF Environnement et l’Ecolabel européen. Délivrés par l’Afnor, ils s’appuient sur des critères d’éco-conception, de faible consommation d’énergie, de recyclage et de réduction des taux des substances toxiques ;
- les labels EnergyStar et 80 Plus. Ils s’intéressent à la consommation énergétique des produits ;
- les certifications globales Epeat (la plus complète et contraignante à ce jour, intégrant notamment les critères du label EnergyStar), BlueAngel (plus vieille norme environnementale européenne) et TCO. Elles intègrent un large spectre de spécifications, de la réduction de la consommation d’énergie, du bruit et des polluants au recyclage.
eco-jonction mai 2011







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