Tendances

Le biomimétisme : quand les entreprises s’inspirent de la nature


S’inspirer des moustiques pour produire des aiguilles indolores ? Copier le bec de martin-pêcheur pour construire des trains plus aérodynamiques ? C’est tout le sens porté par le biomimétisme, qui tend à imiter la nature pour produire de façon plus durable. Théorisé et popularisé en 1997 aux Etats-Unis par le livre Biomimicry: innovation inspired by nature, écrit par la scientifique et auteur américaine Jeanine Benyus, le biomimétisme est un domaine émergent de la recherche, une ingénierie inspirée du fonctionnement de l’écosystème, des organismes et des espèces vivantes afin de produire des biens et des services durables.

Depuis plusieurs années, la démarche a permis de développer nombre de concepts innovants bio-inspirés. Un des plus célèbres reste l’Eastgate Center construit en 1996 à Harare au Zimbabwe par l’architecte Mike Pearce en s’inspirant de… termitières africaines. Le système de ventilation naturelle de ce bâtiment basse consommation a ainsi été influencé par le nid des termites (frais le jour, chaud la nuit) et ne nécessite ainsi pas d’avoir recours à la climatisation artificielle. Le nez du train à grande vitesse japonais (Shinkansen) est réalisé sur le modèle du bec du martin-pêcheur pour ses qualités d’aérodynamisme. Pour réaliser des aiguilles médicales indolores, des sociétés japonaises se sont inspirés de la trompe des moustiques. Autre exemple : des chercheurs ont imité l’abdomen couvert d’écailles en dents de scie des lucioles pour améliorer la luminosité des LED.

Le concept de biomimétisme pourrait même être un vecteur de mutation d’une économie carbonée et polluante vers une économie verte. C’est en tout cas ce qu’estime le très sérieux Conseil Économique Social et Environnemental (CESE). Ce dernier préconise une expérimentation rapide en matière d’urbanisme et d’architecture dans l’Hexagone. Car, si en Allemagne (où est basé le réseau international dédié au biomimétisme BIOKON) ou en Angleterre, la filière biomimétique est déjà structurée, la France a pris du retard. Le centre européen de l’excellence du biomimétisme de Senlis (CEEBIOS) a ouvert ses portes en 2015, avec pour mission de réunir tous les acteurs (entreprises, collectivités), autour de cette nouvelle approche d’innovation durable. Et les projets se multiplient : près de 100 projets de recherche sont en cours, et une cinquantaine d’entreprises seraient déjà engagées dans cette approche. Une aubaine pour la transition écologique.
eco-jonction janvier 2016

 

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