Portrait

Le bus du futur existe déjà

Après trois ans de recherche et développement, l’entreprise albigeoise Safra vient de mettre sur le marché Businova, un nouveau type de bus écologique s’appuyant sur un châssis bi-modulaire et un système de propulsion multi-hybride. Deux innovations majeures qui séduisent déjà au-delà des frontières hexagonales. Rencontre avec Vincent Lemaire, le président de Safra.

Pouvez-vous présenter l’activité de Safra et Businova ?

Safra est une entreprise qui a été fondée en 1955 et spécialisée dans les opérations de grande maintenance sur les bus, tramways et métros. Depuis 2011, nous avons fait le pari de l’innovation, en nous lançant dans un projet de construction d’un bus le plus vertueux possible d’un point de vue environnemental. C’est ainsi qu’est né le projet Businova.

Pourquoi vous être lancé dans cette voie ?

Nous y avons notamment été poussés par la demande de la part des exploitants de transports publics urbains. La ville se ferme de plus en plus à la voiture particulière. Par ailleurs, la loi de transition énergétique pousse dans cette direction. En 2020, 50% des acquisitions de bus et d’autocars devront se porter sur des véhicules à faibles émissions, et 100% en 2025. La France est le premier pays au monde à avoir pris des dispositions aussi fortes sur ce sujet face aux enjeux du réchauffement climatique.

En quoi le Businova se distingue-t-il des autres bus existants ?

Le Businova s’appuie sur deux innovations majeures. Nous avons travaillé sur la structure du véhicule pour le rendre le plus léger possible, en imaginant un châssis bi-modulaire. Ainsi, les batteries ne sont pas portées par la structure mais traînées à l’arrière du véhicule. Cette innovation permet ainsi au bus d’atteindre une autonomie de 200 km et de pouvoir assurer toute une journée de transport de personnes sans recharge. La nuit, la charge ne nécessite que cinq à six heures.

Par ailleurs, la chaîne de traction utilisée n’est pas purement électrique, elle est mixée avec une chaîne de traction hydraulique. Ainsi, le véhicule démarre sur l’hydraulique puis bascule sur l’électrique. Cela permet d’économiser les batteries et de n’avoir à les changer qu’une seule fois pendant la durée de vie du véhicule (15 à 20 ans), ce qui réduit les coûts d’exploitation.

Quels sont les retours des exploitants et du marché ?

Une expérimentation est actuellement en cours sur les villes de Gaillac, Albi et Toulouse. L’attractivité du véhicule est très bonne. La population est notamment très sensible au fait qu’il soit silencieux. La faible consommation est également un point important. Enfin, le Businova ne s’exploite pas très différemment d’un véhicule classique, ce qui est essentiel pour son appropriation par les exploitants.

Tout en poursuivant nos expérimentations, nous démarrons actuellement la commercialisation. Nous avons signé un partenariat important avec la ville de Marseille. Par ailleurs, nous avons des discussions commerciales avec plusieurs pays d’Europe de l’Est, à l’image de la Pologne et de l’Allemagne. Nous avons également des contacts avec le Québec, où nous avons pour ambition la fabrication de Businova spécifiques pour le marché “grand froid”.

Quels sont les prochaines étapes pour le Businova ?

Nous allons continuer à avancer sur la commercialisation, tout en recueillant des retours d’expérience via nos expérimentations. Parallèlement, nous poursuivons la R&D via notre programme Businova Evolution. Nous travaillons sur la chaîne de traction pour encore améliorer les performances du véhicule.
Plus d’informations sur  www.businova.com
eco-jonction octobre 2015

 

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