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“L’avenir des PME est dans le développement durable”

Karin Boras

Riche d’une expérience de sept ans comme directrice marketing et développement durable d’un groupe spécialisé dans les métiers de la création du bois, Karin Boras a pu se rendre compte des freins qui empêchent encore aujourd’hui ce type de démarche de faire partie intégrante de la stratégie de l’ensemble des entreprises. Persuadée que le développement durable est un formidable moteur pour le développement d’une société, quelque soit sa taille, elle livre son expérience dans un livre, « Le développement durable, l’avenir des PME ». Rencontre.

Quelles sont les motivations qui ont poussé les 22 entreprises présentées dans votre livre à suivre la voie du développement durable ?
Ce sont des chefs d’entreprises qui ont une véritable conscience écologique. Que ce soit dans le cas d’une création ou une reprise d’entreprises, tous portaient une même envie de faire les choses différemment, de faire de l’économie quelque chose d’utile. Mais ils ont également une conscience d’entrepreneur : ils n’ont pas fait du développement durable pour faire du développement durable. Tous m’ont dit cette même phrase quand je leur ai demandé comment ils s’étaient lancés dans cette démarche : “Nous avons pris le problème à l’envers”. Ils ont cherché ce qu’ils pourraient faire de rentable qui leur permette en même temps de préserver l’environnement. Le développement durable n’est pas l’apanage des grands groupes : les chefs d’entreprises que j’ai interrogés sont à la tête de sociétés de un à 850 salariés et la majorité d’entre eux ont moins de vingt salariés. Une partie de ces entreprises font partie de secteurs fragiles. Malgré tout, pour toutes ces sociétés, le développement a été un facteur de croissance ou leur a permis de rester en tête dans un secteur sinistré. Je pense notamment à un sous-traitant de l’industrie automobile que j’ai interrogé : pour lui, le développement durable a été un levier extraordinaire qui lui a permis de décrocher le prix 2010 du meilleur sous-traitant Peugeot et sa société est aujourd’hui très rentable !

Si les entreprises que vous présentez dans votre livre ont réussi à se développer, grâce au développement durable, ou même pour certaines à échapper au dépôt de bilan, comment expliquez-vous que tant d’autres PME ne voient le développement durable que comme une contrainte ?
C’est une question de notion de temps. L’entreprise est dans l’immédiat. Le développement durable est un enjeu qui demande de voir dans 30 ans alors que les entreprises sont dans l’instant, l’immédiatement rentable. Elles n’ont pas l’impression qu’elles vont pouvoir en tirer un avantage immédiat.

Comment convaincre les décisionnaires de PME encore rétifs de se lancer dans une démarche de développement durable ?
Le développement durable fait appel à la créativité et aux capacités d’anticipation des entreprises. L’avenir des PME est dans le développement durable. Les sociétés engagées dans ce type de démarches sont déjà en train de s’adapter à un monde de demain qui n’existe pas encore ! Elles ont toujours une longueur d’avance et ont développé une force d’adaptation qui est un atout pour leur activité.

Quel rôle peuvent jouer les salariés dans les entreprises qui mettent en place des politiques de développement durable ?
Toutes les fonctions de l’entreprise doivent évoluer. Les RH doivent devenir des accompagnateurs, des facilitateurs. Le développement durable demande aux salariés d’adopter des comportements différents au quotidien (penser à bien éteindre les lumières, etc.) et d’acquérir de nouvelles compétences pour créer des produits plus responsables tout en faisant des économies. Les RH ont donc un rôle-clé pour accompagner ces évolutions et récompenser les salariés impliqués. De même, le marketing doit devenir un “marketing de valorisation” pour pouvoir présenter des produits éthiques avec les bons arguments. Les bons sentiments ne suffisent pas, il faut pouvoir expliquer à l’ensemble de l’entreprise quel est le véritable intérêt de cette évolution. C’est notamment le cas pour les commerciaux : certains ont peur que le développement durable fasse fuir les clients. Il faut réussir à leur faire comprendre que cela peut au contraire être un plus pour vendre leurs produits.

Pour vous, quel rôle joue le pouvoir politique aujourd’hui dans l’intégration du développement durable dans les entreprises ?
Le temps politique est trop court pour permettre la prise de décisions préventives. Ce ne sont pas les politiques qui vont changer les choses car ils sont uniquement dans la réaction. C’est pour cette raison qu’ils imposent parfois des lois catastrophiques : celles-ci sont faites dans l’urgence et les entreprises n’ont pas le temps de les voir arriver… sauf celles qui s’intéressent aux problématiques du développement durable et savent ainsi les anticiper. Certaines collectivités prennent néanmoins leurs responsabilités et s’impliquent pour aider les entreprises à changer. La ville de Lyon par exemple a imposé des règles supplémentaires liées à l’environnement, notamment dans le domaine de la construction et, dans le même temps, elle se pose comme accompagnatrice des promotteurs pour les aider à s’adapter à ce cadre plus contraignant. C’est dans cette voie que nous devons aller.
eco-jonction janvier 2012

 

Le Parc des expositions de Nantes voit vert

Frédéric Jouet, le directeur général du Parc des expositions de Nantes, a décidé d’inscrire son Parc sur la voie du développement durable. En juin 2010, l’établissement a ainsi été le premier Parc des expositions à obtenir la certification ISO 14 001 en Europe. Aujourd’hui, le lieu poursuit son engagement en suivant une démarche globale de responsabilité sociale de l’entreprise. Rencontre avec Frédéric Jouet.

Quand le Parc des expositions de Nantes s’est-il lancé dans une démarche de développement durable ?

J’ai décidé, lors de ma prise de fonctions en janvier 2008, d’engager le Parc des expositions dans une démarche environnementale. Le simple fait de visiter ce Parc vous fait comprendre pourquoi cet engagement était nécessaire : nous sommes dans un site naturel de 20 hectares unique en ville entre le parc de la Roseraie et la rivière L’Erdre, donc nous ne pouvions pas continuer à ignorer notre impact sur l’environnement.

Quelles formes prend cette démarche de développement durable ?
Nous avons tout d’abord réalisé un bilan environnemental de notre activité. Très rapidement, il s’est avéré que la gestion des déchets, la consommation de ressources (eau, gaz, électricité) et l’utilisation des moyens de transports individuels devaient être totalement repensés afin de réduire considérablement nos consommations. Des objectifs ambitieux ont donc été définis. Les habitudes devaient changer, que ce soit pour la consommation interne des équipes d’Exponantes mais également pour les manifestations que nous organisons.

Dès 2010, nous avons valorisé 10 tonnes de déchets supplémentaires par rapport 2009. Le tri sélectif a été généralisé sur nos salons et plus aucun papier utilisé chez nous (affiches, catalogue, prospectus) ne provient de forêts non gérées durablement et non certifiées PEFC.
Je me suis également attaché au respect de la biodiversité sur le parc. Ainsi, les espaces verts profitent d’un entretien raisonné et nous avons installé quatre ruches (sentinelles de l’environnement !) sur notre site. Nous créons aussi cette année un potager géré en collaboration avec les riverains, qui sera utilisé comme espace pédagogique pour les écoles nantaises.

Nous avons par ailleurs décidé de permettre le recyclage d’une partie importante de nos moquettes : l’enfouissement est catastrophique en termes d’émissions de CO2. Nous avons été précurseurs en la matière. Ainsi, aujourd’hui, 30 000 pare-chocs de véhicules proviennent des moquettes de la Beaujoire !

Enfin, l’accessibilité des publics, et notamment des personnes à mobilité réduite, a été et va continuer à être une de nos priorités afin que le confort et le bien-être de nos visiteurs et exposants soit sans cesse amélioré.

Comment vos clients accueillent-ils cette démarche ? Est-ce un argument commercial ?
Nos clients dans leur ensemble apprécient cette démarche et constatent le chemin parcouru. Cependant il ne faut pas se leurrer : c’est un argument commercial pour les personnes soucieuses de l’environnement mais, hélas, les entreprises intéressées par le développement durable ne constituent pas la majorité de nos clients aujourd’hui. Nous avons encore beaucoup de travail d’information à réaliser pour sensibiliser les professionnels et le public.

Quel coût cela représente-t-il pour un établissement comme le vôtre ?
Le coût est variable d’une année à l’autre puisque les actions engagées varient : travaux, amélioration, rénovation, etc. L’année où nous avons lancé une démarche de certification ISO 14001, le budget de notre « engagement » aura été de 90 000 €.

Est-ce que c’est une démarche que vous rentabilisez ?
Aujourd’hui, nous ne rentabilisons que très peu cette politique. Je dirais même que cela nous coûte de l’argent. Mais il s’agit là d’une décision stratégique : c’est un acte « politique » et la politique, c’est prévoir et anticiper ! En effet, nous avons peut-être été un peu en avance sur notre temps. Aujourd’hui, de nombreux sites sont engagés comme nous vers l’ISO 14 001 ou la norme 26 000 et devraient bientôt se tourner vers la nouvelle norme 20 121. L’environnement, le bien-être, l’éco-responsabilité font désormais partie des réflexions de tous. Rien ne sera plus comme avant : il faut penser durable et imaginer l’avenir plus responsable et solidaire.

Avez-vous des projets pour poursuivre cette démarche dans les mois/années à venir ?
Bien entendu. L’ISO 14001 s’appuie sur la roue de Deming, c’est-à-dire qu’il faut sans cesse faire le bilan, analyser, modifier ou amplifier les actions puis les mettre en œuvre. C’est un travail permanent et de très longue haleine. Nous allons entamer d’importants travaux sur notre site dès février prochain. Un nouveau bâtiment de 15 000m2 sortira de terre en 2013. Il a été pensé dès les premiers projets avec la plus grande vigilance environnementale. Nous ne ferons rien qui puisse avoir un effet négatif sur l’environnement. Les eaux de pluie du nouveau hall seront récupérées et utilisées dans les sanitaires. Par ailleurs, cette extension de 15 000m2 se fera sur un chantier éco-responsable intégrant des personnes en difficulté et 60% environ de la sous-traitance doit être confiée à des entreprises locales.
www.exponantes.com
eco-jonction novembre 2011

 

Des bateaux verts à l’assaut de la Chine

Premier émetteur de CO2 au monde, la Chine s’inquiète pourtant de son impact sur l’environnement et prend un virage vert. Après l’automobile, la poussée écolo commence à gagner le secteur du nautisme, en plein boom. Installée en Chine depuis cinq ans, la société française ODC Marine profite de cette tendance. Rencontre avec Gildas Olivier, directeur associé de la compagnie.

Quand et comment a été créée ODC Marine ?

ODC Marine est née il y a cinq ans à Dalian en Chine, avec comme mission première la construction de bateaux professionnels en aluminium. Depuis, une trentaine de navires ont été livrés et l’entreprise compte à ce jour une quarantaine d’employés. La direction est assurée par un triumvirat : Stéphane Gonnetand et moi-même basés à Dalian et Xavier de Montgros basé en France. En plus d’être agréable à vivre, la ville de Dalian nous donne un accès privilégié au marché naissant du nautisme chinois. C’est la raison pour laquelle nous sommes depuis deux ans distributeurs Nord-Est Chine pour les marques françaises Bénéteau et Lagoon.

Pourquoi avez-vous choisi un positionnement sur le développement durable ?
Nous avons cette sensibilité, cela va de pair avec le respect de la mer. Je ne connais personne qui préfère le bruit et la fumée d’un moteur diesel au silence de la voile ou d’une propulsion électrique. Par ailleurs, la Chine a pris très vite le virage des véhicules électriques et s’est placée dans une position de leadership sur les bus et les autos électriques.
Nous étions au bon endroit au bon moment. ODC Marine tire avantage de ce savoir-faire pour l’adapter aux applications marines. Bien sûr, nous proposons toujours à nos clients des navires à propulsion conventionnelle car certains programmes ne peuvent pas être traités en tout électrique.

Concrètement, quelle forme prend cet engagement en faveur du développement durable dans la conception de vos bateaux ?
Nous avons une réflexion au niveau des bateaux mais aussi de leur mode de production. La propulsion est sans rejets et le matériau de construction (l’aluminium) est non polluant et recyclable. Pour la décoration et l’aménagement, nous utilisons principalement des panneaux d’aluminium en nids d’abeille. Nous tâchons de progresser dans ce sens en proposant des options comme des peintures sous-marines non polluantes. Par ailleurs, les éclairages des navires tout comme ceux utilisés en construction sont des LED basse consommation.

Vous avez également lancé des actions auprès des collectivités sur place ?
Suite à notre victoire au prix entrepreneur organisé par la Chambre de commerce et d’industrie française en Chine fin 2009, nous avons décidé de remercier la collectivité de Dalian pour son accueil en lui offrant un catamaran de nettoyage des eaux de baignade et des ports. Nous sommes par ailleurs représentants du jumelage entre les villes du Havre et de Dalian. La vocation de ce jumelage est de favoriser les échanges, notamment dans le domaine du développement durable. Dans ce cadre, une délégation d’industriels havrais se rendra en Chine en décembre pour explorer les possibilités de développement sur le marché chinois.

> Quel est le retour de vos clients vis-à-vis de cette démarche de développement durable ? Sont-ils sensibles à cette démarche ?
La propulsion électrique est un réel avantage pour nos clients : moins de pollution sonore, pas de fumée, moins de vibrations. L’utilisation de la technologie lithium a permis d’augmenter fortement l’autonomie et de proposer des navires plus polyvalents. Le coût de fonctionnement est aussi plus faible car il nécessite peu d’entretien et le “plein” est moins cher. Nous réalisons déjà plus de 50% de notre chiffre d’affaires sur des navires à propulsion électrique ou hybride.

> Quels sont vos projets pour poursuivre cette démarche ?
Nous développons une gamme de navires de 50 à 200 places, électriques et hybrides avec notre partenaire GreenWave. Dans nos projets de développement, nous cherchons toujours à proposer une solution pratique à nos clients et pas simplement une innovation développement durable qui resterait sur une étagère ! Nous avons également créé en France la société Ecoways avec laquelle nous développons la propulsion électrique dans d’autres domaines comme l’automobile.
www.odcmarine.com/fr
eco-jonction octobre 2011

 

 

Les organisateurs d’événements se mettent au vert

Béatrice Eastham - green-evenements.com

Béatrice Eastham a créé l’agence événementielle Green Evenements en 2009 pour aider les entreprises à organiser des manifestations éco-responsables. Deux ans plus tard, le sujet est au cœur de l’actualité et les grandes entreprises s’intéressent de plus en plus à sa démarche. Rencontre.

Pourquoi avez-vous lancé Green Evenements ?
J’ai créé Green Evenements en juillet 2009. Il s’agissait d’une reconversion. L’environnement et le développement durable sont une de mes passions et j’avais envie d’aller vers ce secteur. Quand je me suis lancée, je pensais que le marché était plus mûr. Mais, en 2009, en France, il n’y avait pas vraiment de consensus sur ce qu’est un événement éco-responsable. Je me suis rendue compte qu’une norme décrivant les systèmes de management dans l’organisation d’événements existait en Angleterre. Il s’agit de la BS 8901 et celle-ci s’appuie sur des certifications bien connues, comme l’ISO 14001. Donc j’ai commencé à travailler avec ce standard. Aujourd’hui, la société emploie six personnes et nous travaillons pour des grandes entreprises pour les conseiller dans le cadre de l’organisation d’événements respectueux des enjeux du développement durable.

Est-ce plus cher d’organiser un événement plus respectueux de l’environnement ?
Pourquoi cela serait plus cher ? Non, au contraire, un événement éco-responsable doit coûter moins cher ou le même prix car nous cherchons à éviter les consommations excessives qui caractérisent certaines manifestations. Sur des appels d’offres, nous sommes en concurrence avec des entreprises classiques et le prix est un critère clé pour de nombreuses sociétés aujourd’hui encore, donc nous devons être en mesure de nous aligner en termes de prix. Par son essence même, un événement vert va permettre de réduire les coûts : nous choisissions des lieux accessibles en transports en commun, ce qui limite les frais d’hébergement et de taxis; nous limitons les impressions de documents; lors de buffets, nous essayons d’avoir des portions plus justes afin d’éviter le gaspillage…

Vous travaillez principalement avec des grandes entreprises. Pourquoi les petites structures ne se tournent pas vers vous ?
Je pense que c’est l’idée que cela coûte cher qui les arrête, même si, comme je vous le disais, ce n’est qu’une idée reçue. Les grandes entreprises, elles, commencent à être contraintes par les lois existantes et à venir. Ce sont elles qui nous contactent directement, sans que nous ayons de démarches à faire auprès d’elles. Le point positif : parmi les clients que nous suivons, nous n’avons vu personne revenir en arrière; ils veulent toujours aller plus loin dans cette démarche.

Pensez-vous que les mentalités ont évolué à propos des événements plus respectueux de l’environnement ?
Il ne reste pas tout à faire mais presque ! Mais les choses avancent. L’Afnor m’a contacté six mois après la création de Green Evenements car cet organisme prépare une nouvelle certification, la norme ISO 20121, dérivée de la certification anglaise avec laquelle nous travaillons. Je fais partie de son comité d’élaboration. J’ai aussi pris part à de nombreux groupes qui se penchent sur ces sujets. Mais notre activité reste encore une part très faible du secteur de l’événementiel. J’espère que les Jeux Olympiques de Londres en 2012, qui prendront en compte les critères de la norme BS8901, auront un effet incitatif sur les organisateurs d’événements !
Plus d’infos sur www.green-evenements.com
eco-jonction septembre 2011

 

 

Un transporteur routier passe au vert

Carole Dupessey

Carole Dupessey est à la tête de la société Dupessey, une entreprise de transport de marchandises basée en Savoie créée par son père dans les années 60. Depuis novembre 2009, elle s’est engagée sur un plan de réduction volontaire des émissions de CO2, en partenariat avec l’Ademe. Bilan à mi-parcours.

Pourquoi vous êtes-vous lancée dans une démarche de développement durable ?
Le transport n’a pas une bonne image dans notre pays et, en terme de communication, le développement durable permet de limiter les impacts négatifs de notre empreinte écologique et d’atténuer la fracture économique et sociale. C’est également un facteur d’innovation, puisqu’il conduit la société à anticiper sur les mutations du secteur en restant à l’écoute de l’évolution technologique et des innovations techniques. Cet aspect est particulièrement important compte tenu du renforcement des contraintes légales et des normes environnementales. Il s’agit donc d’un des volets de notre stratégie d’entreprise. Notre société est certifiée ISO 9001 depuis 1998. Notre objectif est maintenant d’obtenir le certification ISO 14001 et la certification sécurité OHSAS 18001 en vue d’une certification globale en 2012.

Quelles actions avez-vous mené ?
Nous nous sommes engagés sur quatre volets : le véhicule, le conducteur, le carburant et l’organisation du transport. Nos actions sont diverses. Elles vont du bridage du moteur pour réduire la vitesse à la formation des chauffeurs à l’éco-conduite, en passant par l’optimisation des itinéraires, le suivi des consommations. Pour motiver les conducteurs, nous leur attribuons des primes en fonction des économies réalisées.

Nous avons aussi recours aux modes de transport non routiers, comme le ferroutage. Nous avons également mis en place une communication adaptée en interne et auprès de nos fournisseurs pour certaines opérations.

Pensez-vous que cette démarche est un atout pour votre société ?
Cette politique globale a un coût mais, à terme, les gains énergétiques, économiques et sociaux sont indéniables. Pour un groupe comme le nôtre, avec 260 poids lourds, ces actions permettent d’atteindre une réduction de 4 500 tonnes de CO2 et de 1,7 million de litres de gazole sur trois ans. Sur une année, cela représente une économie de 350 000 euros de carburant. Nous avons enregistré une baisse de la consommation d’1,5 l/100 km. Celle-ci se rapproche aujourd’hui de 33 l/100 km. Il y a vingt ans, elle avoisinait les 40 à 45 litres.

Cette démarche permet également de mobiliser le personnel et l’ensemble des partenaires derrière un projet, un engagement. Elle sert aussi à anticiper les risques professionnels et procure donc un atout concurrentiel pour l’activité et le recrutement. Cela se traduit par une diminution des coûts indirects avec une meilleure prévention.

Enfin, le développement durable permet de réduire les impacts négatifs de notre activité sur notre environnement. Il répond aux attentes de nos clients, qui sont eux aussi sensibles à ces sujets. Dans le cadre d’appels d’offres, les grandes entreprises ont de plus en plus souvent des exigences liées à ces thématiques : elles sont notamment demandeuses de bilans carbone simplifiés.
http://www.dupessey.fr/fr/groupe-dupessey-transports/developpement-durable
eco-jonction juillet 2011

 

Les greens se mettent au vert

Anticipant l’évolution de la législation, le golf de Téoula (près de Toulouse) a commencé l’an dernier à modifier quelques habitudes pour réduire l’impact de son activité sur son environnement. Rencontre avec Eric Castel, directeur du golf et responsable Midi-Pyrénées de la chaîne Nouveaux golfs de France (NGF).

Eric Castel - Golf de Téoula

Pourquoi avez-vous décidé de vous lancer dans une démarche de développement durable ?
Il s’agissait pour nous, avant tout, d’anticiper l’évolution de la législation en lien avec les mesures du Grenelle de l’Environnement 2018. Nous sommes partis du principe qu’en se préparant le plus tôt possible, nous serons mieux préparés et prêts le jour où la législation évoluerait.

> Quelles ont été les différentes étapes ?
Nous avons fait réaliser un audit début 2010. Et dix objectifs ont été fixés, liés à la réduction de la consommation d’eau, d’énergie, au maintien de la biodiversité, etc. Et nous avons ainsi été le premier golf en France à obtenir le label « golf éco-responsable ».

> Concrètement, quelles mesures avez-vous mis en place ?
Le public a une image très négative des golfs. En période de restriction d’eau, en cas de sécheresse, la population pointe du doigt ces golfs toujours verts. Or, aujourd’hui, sur le golf de Téoula, sur les 56 ha de l’exploitation, nous n’en arrosons que 10 ha, soit 17% seulement de la surface. Nous n’arrosons vraiment que les zones de jeu. Et nous nous sommes engagés à réduire notre consommation d’eau de 30 à 40% d’ici trois ans. Par ailleurs, nous n’utilisons que des méthodes bio et alternatives ainsi que des fertilisants organiques ou végétaux pour traiter les surfaces de jeu. Nous n’envisageons de faire appel aux produits chimiques qu’en dernier recours, quand nous avons épuisé toutes les autres techniques. Par ailleurs, nous avons acquis des voiturettes électriques et hybrides pour les déplacements sur le terrain.

> Quelle a été la réaction des golfeurs ?
Nous communiquons beaucoup sur notre démarche, lors des compétitions, d’événements où nous accueillons du public, etc. On entend parler du développement durable partout aujourd’hui, ils comprennent donc très bien les actions que nous menons. Bien entendu, pendant l’été, il est possible que le parcours jaunisse un peu et que les zones « hors jeu » (qui ne sont pas du tout arrosées) soient “cramées”, mais, pour les joueurs, tant que la qualité du parcours est là, ils sont satisfaits.

> Quels bénéfices tirez-vous de cette démarche ?
Tous les golfs vont devoir y passer, nous avons donc tout intérêt à être en avance. Le développement durable est également un argument auprès des villes : de nombreux golfs appartiennent aux municipalités, qui en confient la gestion à des prestataires privés, via une délégation de service public. Etre impliqué dans une telle démarche permet de prouver son engagement, ce qui est très apprécié par les villes.

> Vous avez été les premiers à vous engager vraiment via l’obtention du label « golf éco-responsable ». Les autres professionnels du secteur suivent-ils le mouvement ?
D’autres golfs sont intéressés, notamment ceux qui travaillent avec des collectivités ou sont liés à des chaînes hôtelières déjà engagées dans une démarche de développement durable.  La chaîne de golfs NGF met actuellement en place une formation pour accompagner cet élan. Dans les mois qui viennent, de nombreux golfs seront certainement amenés à se rapprocher afin que nous bénéficions des retours d’expériences de chacun.

> Qu’envisagez-vous comme mesures pour aller plus ?
C’est une démarche qui s’inscrit dans la durée. Nous allons donc continuer à faire évoluer les choses de façon progressive. Le chauffe-eau du club house sera remplacé par un chauffe-eau solaire dans les années à venir. Par ailleurs, lors du renouvellement d’une tondeuse, nous opterons systématiquement pour des modèles électriques ou hybrides.
http://www.nouveauxgolfsdefrance.com/golftoulouseteoula/fr_golf.cfm
eco-jonction juin 2011

 

Les Vignerons de caractère mettent le vin au vert

Quatre-vingts vignerons du Sud-Est de la France, réunis au sein de Vignerons de caractère, se sont lancés dans une ambitieuse démarche de développement durable. Agriculture raisonnée, réduction des déchets, éco-conception, labellisation SD 21000 et ISO 26000 : le groupement, en avance sur son temps dans son secteur, a utilisé cette démarche pour fédérer et faire reconnaître les actions individuelles de ses membres. Rencontre avec Pascal Duconget, directeur général de Vignerons de caractère.

Pourquoi avez-vous voulu vous lancer dans une démarche de développement durable ?

Pascal Duconget - Vignerons de Caractère

Le groupement des Vignerons de caractère, créé en 1957, a toujours été porté par une exigence de qualité : nous sommes à la fois producteurs et distributeurs et nous nous sommes engagés dès les années 70 dans des chartes de qualité. Au début des années 2000, nous avons lancé les démarches pour obtenir les certifications ISO 9001 puis ISO 14001. Une grande partie des vignerons faisaient déjà de l’agriculture raisonnée ou biologique. Cette dynamique autour du développement durable nous semblait surtout pouvoir fédérer toutes les initiatives que nous prenons chacun de notre côté pour les rassembler sous un même chapeau. Nous avons décidé en 2006 de lancer cette démarche avec dix autres coopératives en France, avec pour objectif de suivre le référentiel de qualité lié au développement durable SD 21000.

Concrètement, quelles actions avez-vous mené ?
Nous avons lancé 200 actions en 4 ans. Le développement durable est vraiment devenu un prisme au travers duquel nous voyons tout notre travail aujourd’hui, de la création d’un nouveau produit au choix d’un fournisseur. Lors de la réalisation de notre bilan carbone, on a pu constater que ce sont nos tracteurs et les bouteilles qui nous pénalisent le plus. Nous avons donc repensé la conception de nos bouteilles pour réduire de 20% le poids du verre et revu le packaging pour pouvoir transporter plus de bouteilles par palette. Parmi les actions que nous avons mis en place, nous avons aussi revu l’éclairage de notre cave, organisé le tri des déchets, étendu les surfaces certifiées bio ou agriculture raisonnée (qui représentent 90% de notre vignoble aujourd’hui). Nous avons aussi travaillé à la réimplantation des abeilles sur nos terrains, avons replanté des arbres. C’est vraiment une démarche globale.

Où en êtes-vous aujourd’hui ?
Nous avons été les premiers vignerons à publier notre rapport de développement durable en 2009. Et nous avons été évalués dans le cadre de la norme ISO 26000 et venons d’atteindre le niveau « maturité ».

Cette démarche peut sembler lourde pour des vignerons indépendants, qu’en retirez-vous aujourd’hui ?
En effet, cela représente un coût significatif pour nous mais, grâce à cette démarche, nous réalisons aujourd’hui de vraies économies en eau, etc.

Les retours du marché sont encore faibles en France. Mais on sent de vrais frémissements en Europe du Nord. La Suède a lancé ses premiers appels d’offres vinicoles où le développement durable est au centre de leurs exigences. On commence aussi à entendre ce discours de qualité et de développement durable auprès de certains acheteurs aux Pays-Bas. Mais c’est une tendance lourde : à terme, ce positionnement va se généraliser.

Comment envisagez-vous de poursuivre cette dynamique aujourd’hui ?
Nous sommes allés très loin dans notre démarche de développement durable. Après avoir beaucoup travaillé en commun ces dernières années, nous allons aujourd’hui faire redescendre les actions au niveau de l’exploitation. Les vignerons du groupement sont aujourd’hui très impliqués sur ces sujets et sont moteurs pour poursuivre ces efforts.
www.vigneronsdecaractere.com
eco-jonction mai 2011

 

Un traiteur vert

Yves Sauvestre Hebel Traiteur

Réduction des déchets et de la consommation d’énergie, éco-conduite, initiatives sociales : le traiteur nantais Hébel Traiteur s’est lancé depuis 2006 dans un processus global de développement durable. Une démarche exemplaire qui a su retenir l’attention : Hébel Traiteur vient en effet de décrocher le trophée Développement durable décerné par le ministère du Développement durable, devenant ainsi la première PME recompensée. Le point sur les actions passées et à venir avec Yves Sauvestre, le PDG d’Hébel Traiteur.

Comment vous êtes-vous lancé dans une démarche de développement durable ?
En 2006, la ville de Nantes a accueilli les 1res Assises du développement durable. A cette occasion, on nous a demandé de réaliser une prestation avec 100% de produits bio. Mais c’était une hérésie : à l’époque, le réseau du bio n’était pas en place, c’était impossible à mettre en œuvre, aussi bien sur un plan logistique que financier. Nous avons alors réfléchi à des actions que nous pourrions mettre en place dans une même optique.

Nous avons commencé par le plus simple : la réduction des déchets. Puis en 2007/2008, nous avons réalisé un bilan carbone. Celui-ci nous a permis de remettre en cause quelques idées reçues : nous pensions que nos fournisseurs étaient ceux qui représentaient l’impact environnemental le plus important dans nos processus ; mais c’était faux, c’était nous ! Nous avons alors embarqué nos huit plus gros fournisseurs dans notre démarche pour réduire notre impact environnemental avec pour objectif de ne plus jeter aucune cagette, de recycler systématiquement le polystyrène, etc. Et aujourd’hui, nous travaillons sur l’éco-conception de nos produits en réduisant les déchets générés par les contenants : nous fabriquons des supports mangeables !

Quel a été l’impact de ces actions ?
Je dis toujours qu’il est important de faire rimer « économie » et « écologie ». Cela devrait être à la base des démarches de RSE. Le respect de l’environnement n’est pas une contrainte, c’est un plus pour une entreprise ! Ainsi, grâce à nos efforts, nous avons économisé 14 000 € pour la gestion des déchets, 4 500 € sur une facture d’électricité qui s’élevait auparavant à 20 000 € et nous avons réduit l’utilisation du film palette de 60%.

Pour que la démarche soit incitative, nous traduisons toujours l’économie de CO2 réalisée en kilomètres parcourus au volant d’une petite voiture : ça parle à tout le monde et incite les équipes à s’investir pour réduire ces chiffres.

Quel a été l’accueil de vos clients vis-à-vis de cette démarche ?
Nous remportons souvent des marchés face à des prestataires de taille plus importante et plus compétitifs en termes de prix parce que la prise en compte de l’écologie devient de plus en plus un critère déterminant pour les entreprises dans le choix de leur fournisseur. Aujourd’hui, c’est vraiment un critère de différentiation pour nous. Mais j’espère que, bientôt, cela sera surtout une évidence pour tout le monde…

Quels sont vos projets pour l’année à venir ?
Nous nous concentrons sur l’aspect social de la RSE en travaillant sur la pénibilité du travail. Aujourd’hui, dresser une table représente 21 manipulations. Nous essayons de faire chuter ce nombre à 12. Par ailleurs, nous proposons à nos clients des bouteilles de vin avec des bouchons à vis plutôt qu’en liège. Pour des vins jeunes, le goût est le même et nous ne sommes pas obligés de mobiliser trois personnes pour ouvrir des bouteilles pendant tout le buffet.

Par ailleurs, nous sommes en train de mettre en place un potager de 1 900 mètres carrés devant l’entreprise, pour créer une AMAP pour les salariés. Nous installons également un poulailler. Ainsi, tous nos salariés pourront repartir avec leur panier tous les vendredis !
www.hebeltraiteur.fr
eco-jonction avril 2011

 

Nettoie Chantier rencontre le succès

Stéphane Destandeau, fondateur de Nettoie Chantier (www.nettoiechantier.fr), a créé son entreprise de nettoyage écologique de chantiers en 2007. Quatre ans plus tard, sa société est devenue une licence de marque rassemblant 324 adhérents répartis sur les cinq continents et dans 55 pays. Récit d’un succès porté par des valeurs vertes.

Stephane Destandeau Nettoie Chantier

 

Comment est né Nettoie Chantier ?
Tout à commencé en commencé en 2007. En faisant construire une maison, je me suis rendu compte que les entreprises du bâtiment laissaient des déchets partout sur le terrain. Je me suis alors renseigné auprès des administrations et j’ai constaté que rien n’était fait pour les maisons individuelles. J’ai donc décidé de me lancer en proposant mes services de nettoyage de chantiers, en réalisant un tri des déchets, permettant ainsi de revaloriser à 100% les matières récoltées.

Quel a été l’accueil des professionnels ?
Les entreprises du secteur ont été conquises par l’idée. Les artisans pouvaient ainsi se consacrer à leur cœur de métier sans se soucier des déchets. Plusieurs chaînes de télévision sont venues réaliser des sujets sur mon activité et m’ont demandé pourquoi je ne faisais pas une franchise. Alors, je me suis lancé et j’ai créé une licence de marque. J’ai eu des appels de toute la France et même de l’étranger. Nettoie Chantier est aujourd’hui implanté sur tout le territoire français et même à l’étranger, aux Etats-Unis, en Centrafrique et même en Israël ! Nous avons 324 adhérents dans 55 pays !

Fort de ce premier succès, vous avez continué à développer votre activité autour de valeurs liées au développement durable…
Sur les chantiers, on a commencé à me demander de proposer des services de nettoyage intérieur. J’ai sélectionné une gamme de produits écologiques que j’ai commencé à utiliser. Et ma démarche a convaincu. De fil en aiguille, je suis devenu distributeur de ces produits pour répondre à une demande forte de la part de mes clients et j’ai développé un réseau d’indépendants pour les proposer.
On a souvent une mauvaise image du nettoyage écologique : on imagine que ce n’est que de l’eau et que c’est cher. Ce n’est pas le cas. Il existe des produits beaucoup plus efficaces que tous ceux dérivés de l’industrie pétrochimique. Par exemple, nous proposons un produit de nettoyage de graffitis sans eau, fabriqué à partir de paille. C’est autrement plus écologique que tous les procédés à base de sable pulsé ou de projection d’eau et tout aussi satisfaisant au niveau du résultat !

Quels sont vos projets pour l’année à venir ?
Depuis octobre 2010, nous développons une chaîne de magasins appelée NC Environnement. On y retrouve tous les produits écologiques que nous utilisons pour le nettoyage de chantier. Nous avons poussé le principe jusqu’au bout et les nettoyants sont proposés en vrac. Entreprises, collectivités et particuliers doivent venir avec leur propre packaging, on favorise un concept zéro emballage. Nos clients sont particulièrement sensibles à cette démarche. Depuis le 3 janvier, nous ouvrons une boutique chaque semaine. Quarante-six ouvertures sont programmées d’ici la fin de l’année.
www.nettoiechantier.fr
eco-jonction mars 2011

 

Des planches de surf plus respectueuses de la nature

Thomas Cardinal UWL

Depuis 2003, le fabricant de planches de surf UWL a lancé la production d’une gamme de planches, appelée Bioboard, avec des produits issus des technologies vertes. Les dérivés du pétrole y sont remplacés par des fibres de lin et des résines végétales. Rencontre avec Thomas Cardinal, cogérant d’UWL.

- Pourquoi et quand avez-vous lancé votre ligne de planches de surf Bioboard ?
Dès 2003, UWL a travaillé sur un projet de planche de surf sur laquelle on pourrait remplacer tous les éléments polluants par des produits issus des technologies vertes. En 2004, les premiers prototypes ont été produits et UWL a remporté le prix Eurosima d’Innovation technologique en 2004 et 2007. Pour cette planche, nous avons remplacé tout ce qui pouvait être remplacé sans faire de compromis sur les performances, et tout en gardant pour objectif de la proposer à un prix abordable.

- Concrètement, quelle différence y a-t-il avec une planche classique ?
Conscient dès le départ de l’impact de la fabrication d’une planche sur la nature (tous les produits utilisés sont des dérivés du pétrole), nous avons cherché à en utiliser le moins possible. La fibre de verre a été remplacée par de la fibre de lin cultivée et transformée en France. Le pain de mousse, qui constitue le noyau de la planche, est composé de mousse Biofam provenant d’un fabricant anglais et réalisée avec des bio-résines issues de l’agriculture et non d’un dérivé du pétrole. La stratification est réalisée avec une résine à catalysation UV. Résultat : plus de gâchis (ce qui n’est pas passé sous les UV ne durcit pas) et une utilisation de solvant pour nettoyer les outils divisée par quatre. Notre technologie Bioboard n’est pas la solution 100% écologique mais la différence entre une fabrication classique et le produit que nous proposons est très importante.

- Les surfeurs ont une image « nature », y avait-il une attente particulière de la part de vos clients pour ce type de produits ?
Un très grand nombre de surfeurs se préoccupent de leur impact sur la nature. Mais ils ne s’attendaient pas à ce que l’on produise ce type de produit. Cet état d’esprit proche de la nature est souvent en contradiction avec son souci de performance sportive.
Des planches plus résistantes, des combinaisons plus chaudes, des destinations pour la pratique du surf toujours plus lointaines sont autant de facteurs de pollution. Malgré tout, nous produisons de plus en plus de planches avec notre technologie Bioboard et d’autres ateliers français nous emboîtent le pas. Ce qui veut bien dire que le surfeur est prêt à changer ses habitudes si les performances sont là et que le prix n’est pas exorbitant. Nos confrères, eux, ont été assez sceptiques dans un premier temps. On entend parler depuis des années de planches bio aux quatre coins du monde sans jamais les voir. Mais à force de voir nos planches en action dans l’eau, même les plus sceptiques ont commencé à changer d’avis.

- Les ventes de votre gamme Bioboard sont-elles à la hauteur de vos espérances ?
Nous avons produit plus de planches Bioboard que nous nous y attendions même si elles ne représentent qu’un faible pourcentage par rapport à notre production classique. Même si l’image est très importante pour une entreprise, nous n’avons jamais travaillé sur ce projet dans ce but. Nous souhaitions faire quelque chose pour la nature en phase avec notre travail et notre savoir-faire. Et si cela a pu aider à faire changer la mentalité des surfeurs et des professionnels du secteur, nous en sommes pleinement heureux.

- Pensez-vous développer de nouveaux produits dans cette optique de respect de l’environnement à l’avenir ?
Nos fournisseurs intègrent de plus en plus la problématique du développement durable à leurs produits, comme la marque FCS qui produit des ailerons en plastique recyclé. Pour nous, c’est tout bénéfice ! Nous pouvons nous consacrer pleinement à notre métier, le design de planche de surf sur-mesure haute performance. Et notre vrai challenge est de continuer à intégrer cette problématique dans toute la vie de l’entreprise, en menant des actions concernant les rejets dans la nature, la réduction des déchets, etc.
www.uwl-surfboards.com
eco-jonction février 2011

 

Eco2Distrib mise sur la distribution en vrac

Xavier Masselin eco2distrib

A l’heure où le suremballage est de plus en plus montré du doigt, Eco2Distrib vient proposer une solution alternative innovante : l’éco-distributeur. Eco2Distrib installe des distributeurs automatiques dans les grandes surfaces, qui permettent aux consommateurs de reremplir leur bidon de lessive d’une fois sur l’autre. Résultat : une économie de 10 à 15% à chaque passage en caisse et une réduction des émissions de CO2 estimées entre 700 kg et 1 000 tonnes par machine installée. Un système gagnant/gagnant qui ne manque pas de séduire les marques, soucieuses de soigner leur image verte. Entretien avec Xavier Masselin, le dirigeant de cette nouvelle entreprise.

Comment est né Eco2Distrib ?
Xavier Masselin : sa naissance remonte à 1996. J’étais alors en dernière année d’école d’ingénieur et la région Haute-Normandie a organisé un concours de création d’entreprise pour les étudiants en fin d’études. Nous avons monté un dossier avec un camarade de promo contenant déjà à 95% le concept qui est devenu aujourd’hui Eco2Distrib. Et nous avons gagné le premier prix. Mais nous n’avions pas argent, ni l’expérience nécessaire pour approcher les gros fournisseurs de la grande distribution. Nous ne nous sentions pas assez mûrs à l’époque pour poursuivre l’aventure. Nous sommes donc allés faire nos armes dans de grandes entreprises. Puis, j’ai relancé ce projet, seul, au milieu de l’année 2008. J’ai engagé un technicien et me suis lancé dans deux ans de recherche et développement.

Quel a été l’accueil des professionnels et de la grande distribution ?
XS : Au début, peu de fournisseurs y croyaient. Ils m’expliquaient que, si les consommateurs sont demandeurs de produits écologiques et respectueux de l’environnement, ils ne sont en réalité pas prêts à passer à l’acte. Ils me faisaient également part de leurs craintes concernant l’amortissement de la location de la machine : auraient-ils assez de clients ? Deux ans plus tard, les mentalités ont changé et le concept est vraiment dans l’air du temps. Nous avons eu le temps d’affiner notre offre pour prendre en compte les remarques des professionnels avec lesquels nous étions en contact et nous avons aujourd’hui de très bons retours et de plus en plus de contacts pour installer de nouvelles machines.

Comment êtes-vous implantés sur le territoire ?
XS : Nous avons commencé à installer des distributeurs à la fin de l’année 2010. Nous sommes actuellement en phase de test avec deux marques de lessive et d’assouplissant. Nous avons des machines dans une dizaine de magasins, en région parisienne, à Lille, Lens, Strasbourg, etc. et continuons à en installer.

Quels sont les premières impressions des consommateurs et de vos fournisseurs ?
XS : Les ventes sont au dessus de nos attentes, ce qui a aussi agréablement surpris les marques avec lesquelles nous travaillons ! L’effet de curiosité a très bien fonctionné. Lors des démonstrations en magasins, on peut se rendre compte que l’accueil est très favorable, les clients nous encouragent.

Quels sont vos projets de développement pour l’année 2011 ?
XS : Nous attendons avec impatience les résultats des tests pour nous déployer à plus grande échelle. Nous développons également la R&D pour décliner des gammes pour les produits alimentaires et la peinture. Nous avons également déjà des pistes de développement à l’étranger, avec des implantations en Allemagne et en Belgique au début du deuxième semestre
www.eco2etdistrib.com
eco-jonction janvier 2011

 

Sineo lave… sans eau 

Olivier Desurmont

Sineo est une société de nettoyage de véhicules, lavant voitures, motos, trains, bateaux… sans eau et à la main. Les produits utilisés sont 100 % biodégradables à base d’huiles essentielles et d’agrumes. Créée en 2004, l’entreprise, originaire du Nord de la France, dispose aujourd’hui de 40 centres dans toute la France. Rencontre avec le dirigeant de l’entreprise, Olivier Desurmont, qui a développé une démarche de développement durable forte via son engagement écologique mais aussi social.

Eco-Jonction : comment est né Sineo ?
Olivier Desurmont : l’idée a germé en 2003. A l’époque, je travaillais comme chef de projet informatique dans un grand groupe à Paris. Mais j’avais envie de travailler à mon compte. Je suis donc parti à la recherche d’une bonne idée. Pendant l’été 2003, il y a eu la canicule. Des arêttés préfectoraux ont alors interdit l’arrosage des jardins mais aussi le nettoyage des voitures pour économiser l’eau. Alors j’ai réfléchi à comment transformer cette contrainte en opportunité. A l’époque, il existait déjà une gamme de nettoyage de voitures sans eau, mais ces produits n’avaient pas convaincu l’industrie automobile car ils étaient très poluants. J’ai donc décidé de suivre mon idée et de me lancer en 2004. J’ai troqué mon costume de jeune cadre dynamique pour un bleu de travail et une camionnette. Entre mi-2004 et mi-2005, j’ai créé l’entreprise, lavé moi-même des voitures, travaillé sur la création d’une gamme de produits écologiques, jusqu’à l’ouverture d’un premier centre.

Concrètement, qu’est-ce qui différencie Sineo d’une entreprise de nettoyage de véhicules classique ?
OD: tout d’abord, l’aspect écologique. Au début, pourtant, nettoyer des voitures sans eau, en utilisant de l’air comprimé et des produits écologiques à base d’huiles essentielles et d’agrumes, cela pouvait pourtant paraître être une hérésie. Cette approche nous a fermé les portes de concessionnaires et des garages dans un premier temps. Mais elle nous en a ouvert d’autres auprès des administrations et des grands groupes. Aujourd’hui, c’est un vrai argument dans plus de 90% des cas. Nous avons des partenariats avec les principaux constructeurs automobiles mais aussi les garages et les concessionnaires. Si je n’avais pas eu ce positionnement fort dès le lancement de mon entreprise, je n’aurais pas pu me développer aussi vite.
Par ailleurs, j’ai créé Sineo avec un dimension sociale très forte. Ce ne sont pas des machines mais des hommes qui assurent le nettoyage. J’essaie d’embaucher des personnes en difficulté pour les aider à se réinsérer : nous leur fournissons une aide pour trouver un logement, les aider à gérer leur surendettement et surtout, nous travaillons avec nos salariés à la définition d’un projet professionnel pour qu’ils trouvent leur voie. Le nettoyage de voitures ne doit pas être un but en soi, mais seulement une étape pour eux.
Enfin, nous avons une approche B to B. Les particuliers représentent moins de 10% de notre clientèle.
Nous avons fait un pari gagnant. Aujourd’hui, nous employons 400 personnes, disposons de 40 centres, dont un en Belgique et un en Roumanie et nos produits sont distribués dans des enseignes de la grande distribution en France et dans plusieurs pays à l’étranger.

Avez-vous des projets de développement pour les mois à venir ?
OD : nous souhaitons continuer à nous développer en France. Nous avons actuellement une dizaine d’ouvertures de centres en prévision en France. De même, notre centre en Belgique a atteint la rentabilité cette année. Nous souhaitons donc multiplier les prestations de services à l’étranger. Mais cela prend du temps car, à l’image de ce que nous faisons déjà en France, nous cherchons à insuffler une dimension sociale forte lors de nos implantations à l’étranger.
www.sineo.fr
eco-jonction novembre 2010  

 

Bioviva : des jeux eco-responsables

Olivier Mercier

Bioviva Editions est une  entreprise montpelliéraine de conception et d’édition de jeux de société éducatifs à la nature et à l’environnement. Cette TPE de 7 personnes, qui existe depuis 14 ans, est dirigée par Olivier Mercier et ne fait pas que promouvoir le DD mais l’applique à son activité.

Paul-Emmanuel Géry : Comment et pourquoi est né l’engagement de votre société dans le développement durable ?
Olivier Mercier : Dans le milieu des années 90, devant l’incompréhension du public face aux enjeux environnementaux, Jean Thierry Winstel (aujourd’hui gérant) crée un concept de jeu à la fois drôle, amusant et instructif pour sensibiliser les hommes aux maux dont souffre notre planète. Je le rejoins alors pour éditer le projet.
Cette idée est partie du postulat que c’est la compréhension de l’environnement par les enfants d’aujourd’hui qui déciderait des actions déterminantes de demain. C’est de cette démarche, à l’époque avant-gardiste, qu’est né le jeu Bioviva et la société du même nom.
Et ne pouvant, à notre sens, pas dissocier le fond de la forme, nous nous sommes immédiatement tournés vers une méthode de production responsable.
Aujourd’hui, nous participons à un développement plus durable en proposant des jeux 100% éco-conçus car nous voulons proposer une alternative responsable et crédible aux parents qui souhaitent un autre monde pour leurs enfants

PEG : Est-ce vraiment un moyen de vous développer et de vous différencier par rapport à vos concurrents ?
OM : Le respect de l’homme et de l’environnement est notre cheval de bataille depuis près de 15 ans. Nous ne l’avons pas pensé au départ comme un moyen de nous différencier de la concurrence, il s’agissait de convictions personnelles.
A l’heure actuelle, nous ne pouvons ignorer que la tendance « verte » nous sert, mais contrairement à d’autres entreprises, nous avons le bénéfice de l’expérience et nous inscrivons dans une démarche d’amélioration continue qui nous permet de conserver une belle longueur d’avance en matière de développement durable. Nous nous sommes ainsi livré à l’exercice d’une évaluation de notre maturité en termes de développement durable selon le modèle AFAQ 1000NR et avons obtenu 655 points sur 1000, un score plutôt rare, eu égard notamment au niveau d’exigence de ce modèle d’évaluation !

PEG : Comment concrètement intégrez-vous le DD ?
OM : Tous nos produits sont porteurs de valeurs que ce soit dans le fond ou dans la forme.
D’un point de vue de l’environnement, la mission de nos produits est de permettre à chacun d’appréhender l’importance de préserver notre planète tout en s’amusant. Tous nos produits sont élaborés de façon à limiter les impacts environnementaux. Nous sommes très vigilants à la nature et à l’origine des produits que nous utilisons et nous poussons nos fournisseurs à s’améliorer. Quitte à innover en inventant, par exemple de nouvelles méthodes de pliage des boîtes de jeu, pour éviter le recours à la colle.
D’un point de vue social, nous nous attachons à travailler avec des entreprises françaises, pour participer au maintient des savoir-faire et des emplois locaux.
Sur le plan économique, nous attachons une grande importance au prix public de nos produits. Ils doivent rester accessibles à tous, c’est pourquoi nous nous imposons de coller aux prix du marché. Enfin, nous contribuons à la viabilité financière de nos fournisseurs en adoptant une politique d’achat responsable.

P-E Géry : Avez-vous un projet qui vous tient à cœur pour aller encore plus loin dans cette direction ?
OM : Nous travaillons actuellement avec l’ADEME et l’AFNOR à la mise en place d’un écolabel français (NF Environnement) du jeu et du jouet. Nous avons initié cette démarche en 2009 et nous espérons qu’elle aboutira prochainement. L’écolabel est un gage de qualité écologique et de performance qui est attribué selon des critères très précis. Il permettra aux consommateurs de différencier les produits qui respectent vraiment l’Homme et la planète.

Pour en savoir plus : www.bioviva.com
eco-jonction octobre 2010

 

Midisolaire 

Benoît Moulas est avec Jean-Marc Lalane, le fondateur de Midisolaire. Leur entreprise conçoit et commercialise des systèmes d’intégration au bâti et réalise également des générateurs photovoltaïques en toiture. Quand les technologies rencontrent le développement durable.

Benoit Moulas

Eco-jonction.com : comment est né votre engagement en faveur du développement durable ?
Benoit Moulas : C’est la convergence de deux choses : mon investissement depuis 20 ans dans les technologies (Benoit Moulas est le fondateur d’Arck Ingenierie, bureau d’études spécialisé en mécanique et électronique pour les secteurs de la Défense et de l’Aéronautique) et puis ma sensibilité personnelle. Le développement durable est une question d’éthique et de citoyenneté. De plus, je suis persuadé que c’est par la technologie que l’on progressera dans le DD.

Eco-jonction.com : l’innovation est vraiment au cœur de votre activité ?
BM : En effet, Midisolaire conçoit, développe et brevette des systèmes d’intégration au bâti pour toitures inclinées, regroupés dans la gamme MIDITOP. Nous assurons également la prestation de maîtrise d’œuvre pour la réalisation de centrales photovoltaïques conçues avec ce système. Midisolaire est la 1ère entreprise française à  avoir obtenu le Pass’Innovation du CSTB (Centre Scientifique et Technique du Bâtiment) en 2009 pour Miditop Prima qui respecte les normes et spécifications les plus exigeantes en matière d’étanchéité, de refroidissement des panneaux et de longévité. Nous prônons la qualité face à certains intervenants du marché qui proposent des systèmes peu fiables, sans certification.

Eco-jonction.com : le marché du photovoltaïque connait une croissance exponentielle ?
BM : C’est à l’image des besoins du marché. Le Grenelle de l’environnement a fixé des objectifs  de production de 5400 mégawatts pour 2020 en France, 6 à 7 fois plus qu’aujourd’hui (ndlr : 850 MW fin  2010). Personnellement nous connaissons une très forte croissance de notre CA, nos effectifs (10 personnes) devraient doubler et nous venons de lever des fonds pour accompagner la réalisation de notre plan stratégique. Nous comptons déjà à notre actif plusieurs réalisations de centrales photovoltaïques en production, et un carnet de commandes de plusieurs millions d’euros

Eco-jonction.com : pour les professionnels qui souhaitent s’équiper d’une toiture photovoltaïque, c’est aussi rentable ?
BM : Oui les tarifs de rachat sont encadrés par des contrats de 20 ans qui offrent un retour sur investissement de  7 à 8 %, en intégrant les nouveaux tarifs. Des surfaces de  50, 100 ou 200 m² sont donc très intéressantes.

Eco-jonction.com : avez-vous un projet qui vous tient à cœur ?
BM : oui je souhaiterais voir l’industrielle française du photovoltaïque se développer pour fabriquer des panneaux solaires, convertisseurs, onduleurs…au lieu de se fournir à l’étranger  Nous avons les compétences, il nous faut une volonté politique forte pour réindustrialiser.

Pour en savoir plus : www.midisolaire.fr
Pour connaître les nouveaux tarifs de rachat de l’électricité : cliquez ici
eco-jonction septembre 2010

 

Aquassys : un foreur responsable

Aquassys, dirigée par Jean-François Gobichon, est une entreprise spécialisée dans le forage et la géothermie. Implantée à Dol-de-Bretagne, près de Saint- Malo, elle affirme ses valeurs en s’impliquant dans le développement durable.

Paul-Emmanuel Géry : Comment est né votre engagement dans le développement durable ?

Jean-François Gobichon :  Notre première activité a été le forage, puis nous nous sommes lancés dans la géothermie. En géothermie, nous travaillons sur des nappes d’eau à 100m de profondeur et dans ce domaine, il est primordial de prendre garde à la qualité de l’eau, inégale suivant les couches. Le risque est en effet de créer une « gouttière » de pollution, de mélanger des eaux de surface, potentiellement chargées en nitrate et en produits phytosanitaires avec des eaux propres des profondeurs. En termes écologiques, à moyen terme, cela pourrait poser d’énormes problèmes de qualité de l’eau.
Dans notre profession, Il n’existe pas encore de réglementation, la géothermie est encouragée mais sans affirmer quelles sont les bonnes pratiques ! Pour nous il était en tout cas inconcevable de travailler dans le développement durable et de polluer, nous avons donc décidé d’en faire plus et de porter cette vertu, la prise en compte du développement durable.

P-E G : Comment ?

J-F G : En 2002, je me suis par exemple, engagé dans le syndicat des foreurs d’eau. Nous avons créé avec l’Afnor une norme de forage d’eau, qui est devenue en septembre 2006 la norme de référence des marchés publics. Nous travaillons maintenant sur une norme pour la géothermie. Elle sortira en septembre, les textes réglementaires devraient suivre en 2011. Aquassys va par ailleurs travailler pour obtenir une certification iso l’an prochain.

P-E G : Le développement durable est vraiment important pour vous…

J-F G : Personnellement, je ne peux pas dire à mes enfants, « merci de m’avoir fait vivre et tchao débrouillez vous maintenant avec la planète que je vous laisse… » Côté business, le développement durable ne rapporte pas directement de l’argent, mais il permet de ne pas se « planter », de se
projeter dans une visions à moyen/long terme. Ne serait ce qu’en matière de réglementations ou de contentieux, il pourrait très bien y avoir un jour un contentieux européen pour la pollution des nappes. Cela donne en outre un plus par rapport aux concurrents et fédère l’entreprise autour de valeurs fortes.

P-E G : Quelle est votre vision du marché de la géothermie en France ?

J-F G : Il est porté principalement par les particuliers grâce au crédit d’impôt de 40%. Le problème est que le critère du tarif est souvent le plus important, au détriment du sérieux et de la prise en compte du développement  durable. Sous prétexte d’inciter un secteur du DD on risque ainsi, avec
certains professionnels, de causer des dégâts écologiques, faute de réglementation. Il est impératif de mieux encadrer cet avantage fiscal. Sur le moyen terme ce marché sera porté par le collectif et l’industrie et là il y aura une réglementation, on s’y prépare déjà.
Pour en savoir plus cliquez ici
eco-jonction juillet 2010

 

Fenêtre sur développement durable

Le Groupe Millet est un fabricant de fenêtres et de portes d’entrées en bois, aluminium, pvc et acier qui emploie 600 pers. Cette entreprise familiale des Deux Sèvres, créée il y a près de 60 ans, s’implique particulièrement dans le développement durable depuis 7 ans.
Paul-Emmanuel Géry : Comment est né l’engagement de MILLET dans le développement durable ?
Fabrice Millet, Directeur Général du Groupe Millet : C’est en 2003 que nous avons formalisé notre engagement en adoptant la démarche stratégique, systémique et participative de The Natural Step, une organisation internationale suédoise pour la promotion et la mise en œuvre du Développement Durable dans les entreprises. Cette démarche conditionne nos actions et imprègne notre quotidien, toutes fonctions et sites confondus : gestion rigoureuse des énergies, production raisonnée, rationalisation et optimisation des ressources, éco-conception, utilisation de matériaux écologiques et recyclables, relations respectueuses et exigeantes avec nos fournisseurs et clients, certifications ISO 9001 et ISO 14001…
PEG : Avez-vous perçu une évolution des mentalités concernant le Développement durable  ?
FM : Il y a de toute évidence une meilleure prise de conscience, je dirais même qu’aujourd’hui, l’ensemble de nos partenaires a saisi les intérêts d’une démarche environnementale. Je suis rentré dans l’entreprise avec l’ambition de montrer que l’on peut mener les affaires différemment, à condition de rechercher des solutions alternatives viables économiquement. Ces solutions existent et notre mission d’industriel est de développer les solutions de demain et de les promouvoir auprès de nos différents partenaires. Par exemple, nous avons développé, en partenariat étroit avec nos clients-poseurs, une démarche de récupération des anciennes menuiseries sur les chantiers : nous récupérons, trions et recyclons les anciennes fenêtres de nos clients. Cette action est viable et efficace car, comme nous, nos clients sont sensibilisés à la problématique de recyclage des menuiseries en fin de vie.

PEG : Quelles sont les particularités de vos nouveaux locaux HQE, un des symboles de votre engagement ?
FM : Les 800m² de nouveaux bureaux situés à Bressuire dans les Deux-Sèvres ont été construits en 2007 dans le respect des normes HQE. Ils ont été avant tout pensés comme un lieu de vie pour les collaborateurs du Groupe. Cette extension intègre le respect des salariés et la prise en compte des questions de santé publique et d’hygiène. Le résultat : un bâtiment à faible consommation d’énergie, l’utilisation de matériaux écologiques uniquement – ossature bois et portiques, bois sans traitement chimique, isolation thermique en cellulose, isolation phonique en chanvre, mobilier éco-conçu… Sans oublier un sentiment de bien-être accentué, une meilleure concentration du personnel et donc une amélioration de la motivation et de l’ambiance générale.

PEG : Au delà des locaux, comment se concrétise votre engagement en faveur du Développement Durable (actions éco responsables, etc.) ?
FM : Notre projet « MILLET Durable » est axé autour de 3 grands principes : l’innovation, la qualité et « l’environnementalisme ».L’innovation est portée par nos nouvelles solutions développées dans le sens d’une meilleure performance tout en respectant l’environnement. M3D est un nouveau concept de menuiseries multi-matériaux (récompensé dans le cadre du concours de l’Innovation à l’occasion de BATIMAT 2009) optimisées sur le plan thermique, de l’étanchéité à l’air et de la conception durable pour répondre aux enjeux du Grenelle de l’environnement et de la RT 2012.
Bon nombre d’actions environnementales sont directement liées à la fabrication : utilisation de PVC sans plomb, remplacement de la mousse de polyuréthane par du liège, nettoyant des menuiseries 100 % naturel, bois issus de forêts gérées durablement et certifiés PEFC et FSC, menuiseries éco-conçues, quincailleries dépourvues de Chrome VI. L’ensemble de nos sites de production est certifié ISO 9001, ISO 14 001 et nous avons finalisé les ACV (Analyse de Cycle de Vie) sur nos différentes gammes de produits.

PEG : Avez-vous un projet qui vous tient à cœur pour aller encore plus loin dans cette direction ?
FM : Le Groupe MILLET a lancé l’année dernière « SYBOIS » : un système constructif éco-conçu en bois intégrant une structure mur ossature bois, des éléments d’étanchéité et d’isolation (à base de cellulose et de fibres de bois) et d’un bardage en finition. Le système est complété par l’intégration d’une menuiserie MILLET – porte ou fenêtre – dans la structure. Ce système, préfabriqué dans un site dédié, est une réponse très pertinente aux enjeux du Grenelle de l’Environnement en matière de performances globales mais aussi au regard des futures règlementations thermiques 2012 et 2020. Nous avons développé ce système avec comme préoccupation essentielle d’apporter des solutions encore plus abouties pour un habitat durable. Ce projet créé une nouvelle dynamique au sein du Groupe MILLET qui jusqu’ici commercialisait principalement des solutions directement liées à la menuiserie.
Pour en savoir plus : www.groupe-millet.com/Developpement-durable—Parlons-concret-136
eco-jonction juin 2010

 

Relais Vert encore plus vert

Basé à Carpentras, le nouveau siège social de la société Relais Vert, pionnière depuis 35 ans de la distribution de produits bio, est un bâtiment à « énergie positive ». Pour Jean-Louis Ginart, président de Relais Vert, il représente le prolongement de ses valeurs environnementales

Eco-jonction.com : Ce bâtiment de bureaux et de stockage était un projet très ambitieux pour une PME de 70 salariés mais il vous tenait à cœur ?

Jean-Louis Ginart : je suis agriculteur biologique depuis 1976 et ai fondé Relais Vert en 1986, pour
« rassembler » la production Bio régionale et participer au développement de la filière biologique. Relais Vert, devenu grossiste en produits alimentaires biologiques, est une véritable passerelle entre le monde de la production biologique et les magasins indépendants. Ce projet de bâtiment a lui débuté en 2008, en pleine crise boursière. Je souhaitais en effet affirmer encore plus mes valeurs en choisissant une construction éco-responsable pour notre nouveau siège social. Cela n’a pas été évident au départ mais j’ai réussi à trouver 3 banques pour monter mon dossier et la solution financière pour rassembler nos activités sous un même toit et nous agrandir. L’investissement de la toiture photovoltaïque,  conçue et réalisée par Ciel et Terre, s’élève à 3 millions d’euros. La toiture est louée par les investisseurs et j’en récupérerai  la propriété dans 30 ans. Avec ce montage j’ai pu financer un dépôt ultramoderne et « développement durable » au prix d’un « simple » bâtiment. Tout le monde est gagnant.

Eco-jonction.com : Quelques chiffres sur votre installation ?

JLG : Le bâtiment produit plus de 840 000 kWh/an avec ses 2944 panneaux photovoltaïques cristallins (5750 m²) pour une consommation évaluée à 250 000 kWh/an. La centrale solaire évite le rejet de 420 Tonnes de CO2 chaque année, soit les émissions de près de 188 voitures durant une année (15 000 km/voiture/an). De plus nous avons soigné l’isolation avec le biomur à base d’argile – des briques alvéolaires isolantes de 37 cm d’épaisseur à perforations verticales – et ajouté des installations éco-responsables : un chauffe-eau solaire, qui permet d’alimenter le bâtiment en eau chaude sanitaire et une ventilation double flux qui récupère l’énergie extraite pour le renouvellement de l’air des locaux. Un échangeur à plaque, en toiture, permet de récupérer l’énergie sur l’air extrait afin de diminuer la consommation électrique du système

Eco-jonction.com : au-delà de ce bâtiment et de votre activité, mettez vous en place d’autres actions, notamment en direction des salariés ?

JLG : Oui, toujours dans une logique d’innovation et de sensibilisation au développement durable, je vais acheter des vélos électriques et je les louerai aux salariés qui souhaitent venir travailler avec. Ils pourront d’ailleurs les recharger sur place gratuitement… avant pourquoi pas de passer aux scooters électriques et dans 3 ou 4 ans aux voitures électriques. Je continue par ailleurs d’afficher les infos sur le développement durable dans nos locaux ou de les envoyer par mail aux équipes.
Enfin, un autre projet me tient particulièrement à cœur, je souhaite parrainer des enfants des pays en voie de développement avec un objectif de un enfant par salarié embauché.
eco-jonction mai 2010

 

Nettec lave plus vert

Depuis 60 ans NETTEC entretient les bureaux, industries, centres commerciaux et les copropriétés. Dans un secteur très concurrentiel, cette entreprise familiale francilienne a fait le choix de se démarquer en s’engageant en faveur du développement durable.

Paul-Emmanuel Géry : Stéphane Blondée, vous êtes Directeur du Développement et de la Stratégie de Nettec. Nettec est certifiée ISO 14001 (et 1ère entreprise de son secteur certifiée ISO 9001 version 2008). Quels sont les impacts sur votre activité au quotidien ?

Stéphane Blondée : Ils sont nombreux. Cet engagement passe évidemment tout d’abord par un travail auprès des fournisseurs pour employer des produits de nettoyage éco labellisés. Il y a bien sûr quelques produits difficiles à remplacer mais nous en utilisons un maximum de « verts », à 99% bio dégradables, pour les vitres, bureaux, meubles, etc. Pour décrasser et dépoussiérer les sols nous avons par ailleurs investi dans des machines utilisant de l’eau (avec un système d’éco dosage) et des produits ionisateurs : elles ne rejettent ainsi que de l’eau sale ! Cela se substitue à l’utilisation de composés polluants et limite les risques d’allergie. Au-delà, c’est une démarche globale de prise en compte du développement durable et de la qualité (ISO  9001) que nous avons adopté. Nous analysons et optimisons, par exemple, nos consommations d’eau, de papier, d’énergie… avons mis en place le tri sélectif, installé des minuteurs et des capteurs pour gérer l’éclairage dans les lieux de passage de nos locaux, menons des actions de sensibilisation en interne et avons embauché un responsable qualité et sécurité environnementale.

PEG : Vous vous démarquez également dans la gestion du personnel ?

SB : Effectivement, nous mettons en place, dans la mesure du possible, des horaires de travail différentes de nombre d’entreprises de notre secteur. Au lieu de nettoyer uniquement la nuit, nous nous organisons pour réaliser les tâches qui ne gênent pas le travail de nos clients dans la journée : une évolution qui améliore à la fois le service – car nos agents sont près à intervenir sur place pour des prestations exceptionnelles – et  la qualité de vie de nos employés, ce qui nous permet de les fidéliser. Nous avons par ailleurs embauché un chargé handicap et diversité depuis le début de l’année pour prendre en compte toutes les questions de réinsertion, de chômage de longue durée, etc.

PEG : Le développement durable est-il « rentable », économiquement parlant, selon vous ?
SB : Je le pense. Les nouveaux produits de nettoyage « verts » ont des coûts similaires aux anciens, plus polluants. La fidélisation de nos agents autour de notre projet réduit les frais de structure (moins de campagnes d’embauche sont nécessaires) et nos investissements sont compensés par une hausse de notre volume d’affaires :l’amélioration du service rendu et la prise en compte du développement durable nous rendent en effet plus compétitif. Bref une formule gagnante.

Pour en savoir plus : www.nettec.fr
eco-jonction avril 2010

 

Cristel allie innovation et développement durable

Fesches-le-Châtel, à quelques kilomètres des frontières suisse et allemande, près de Sochaux, est le berceau de la société Cristel, marque française d’ustensile de cuisine, héritière d’une longue tradition industrielle débutée au 19e siècle. Pour se développer, face à des poids lourds internationaux, Cristel a su allier savoir-faire, innovation et développement durable, avec une longueur d’avance sur nombre de ses concurrents.

Eco-jonction : Emmanuel Brugger, vous êtes directeur général de CRISTEL S.A.S, comment est né votre intérêt pour le développement durable ?

Emmanuel Brugger : Personnellement, je pense que cela vient d’un film que j’ai vu « Soleil Vert », de Richard Fleischer et avec Charlton Heston . Une vision noire du futur, un monde incapable de nourrir tout les êtres humains et qui les « recycle » en fin de vie. Cela m’a fait réfléchir sur les conséquences de nos gestes quotidiens sur l’environnement. Quand j’ai rejoint Cristel, en 1990, cette conviction a rencontré celle de la direction de l’entreprise qui était déjà sensibilisé au problème. Cristel avait déjà, par exemple, adapté en 1983 certaines installations fonctionnant avec des solvants chlorés, 13 ans avant leur interdiction !

E-J : Quelles ont été les grandes étapes en matière de développement durable ?

EB : Nous n’avons pas arrêté depuis 20 ans ! Le premier contrat Eco-emballage a été signé en 1993, puis le site de fabrication, datant de 1826, a été restructuré de 1995 à 1997 et nous avons petit à petit amélioré notre outil de production. A chaque investissement, je suis très attentif à améliorer la productivité, la qualité de l’environnement de travail des salariés et bien sur à minimiser l’impact sur l’environnement. Nous avons ainsi, par exemple, mis en place une station de traitement des eaux utilisées dans le process de fabrication, modifié l’installation de traitement des effluents et les process de fabrication pour qu’à production constante, la consommation d’eau soit réduite de 33 puis 50 %. Depuis  2007, nous avons une source d’approvisionnement électrique à 21% issue d’une production faisant appel au développement durable  et en 2008 nous avons remplacé la tour aéroréfrigérante, consommatrice en eau,  par un groupe froid, ainsi que le calorifugeage de l’ensemble du réseau de refroidissement afin de minimiser au maximum le gaspillage en énergie. Nous participons aussi à des programmes de réduction et de revalorisation des déchets…

E-J : Comment votre démarche a été perçue en interne et externe ?

EB : Nos fournisseurs étaient étonnés au départ car nous ne nous arrêtions pas qu’à la productivité et au coût d’entretien. En interne, en expliquant la démarche aux salariés, l’adhésion était immédiate. Nous avons, par exemple, fait une démarche  pour lutter contre les troubles musculo-squelettiques, ce qui est très concret. Et puis nous partageons la conviction qu’une entreprise fabriquant des produits haut de gamme a une obligation morale de minimiser son impact environnemental.

E-J : Du côté de vos produits, comment se manifeste votre engagement ?

EB : Nous utilisons tout d’abord l’inox, un produit qui offre une grande durabilité, garanti à vie et optimisons la performance énergétique. Pour les poêles équipées de revêtement anti-adhérent, nous avons développé un revêtement base céramique, Céramin, cuit  à 200-250° au lieu de 400° pour les revêtements classiques. Nous proposons en outre un service de rechapage ! Plus besoin de jeter votre poêle quand le revêtement est abimé, vous nous la retournez, nous le refaisons, repolissons la poêle et vous la renvoyons, pour environ le tiers du prix d’une poêle neuve ! La durée de vie du produit est ainsi augmentée. Enfin, nous mettons en avant notre bon bilan carbone en nous fournissant en matière première le plus prés possible du lieu de production et en fabriquant plus de 87% des produits sur place.

E-J : Quels sont vos projets pour 2010 ?

EB : Nous voulons installer un système de récupération de l’eau de pluie pour alimenter certaines installations et puis nous continuons notre démarche de suppression des produits chimiques dangereux, dès que nous trouvons des solutions. Pour la petite histoire, nous avons, par exemple, remplacé la machine à dégraisser fonctionnant au solvant, par une fontaine à bactéries. Des bactéries qu’il faut même nourrir durant les vacances pour qu’elles ne dépérissent pas !
eco-jonction mars 2010

 

Point  44 : le choix du développement durable

L’imprimerie est un secteur en pleine restructuration, en proie à une concurrence exacerbée et à l’arrivée de la numérisation. Face à ceux qui jouent la carte des prix toujours plus bas, Point 44 suit un positionnement courageux et porteur de sens. Cet imprimeur val de marnais, qui emploie une trentaine de salariés, s’est en effet lancé dans le développement durable. Avec succès.

Paul-Emmanuel Géry : Christophe Delabre, vous êtes directeur commercial de Point 44, pourquoi vous êtes vous lancé dans le développement durable ?

Christophe Delabre : Il y a plusieurs raisons. Un de nos clients historiques est le Ministère de l’écologie. Il nous a assez tôt fait des demandes pour disposer d’impressions plus respectueuses de l’environnement et nous a « initié » au sujet. Le lancement de la démarche Développement Durable a commencé dès l’an 2000 avec la construction d’une usine à l’aide du cabinet d’architecture VG Environnemental. Reconnu bâtiment industriel durable par l’ARENE, il regroupe l’ensemble de nos activités, offre un cadre de travail très agréable et nous permet d’assurer la mise en œuvre de nos objectifs dans les meilleures conditions. Face à l’arrivée de l’internet, de l’impression numérique et de la surcapacité de production, le marché du document imprimé a considérablement évolué. Il était de plus indispensable de s’adapter et trouver de nouvelles sources de valeur ajoutée, de nouveaux modes d’échanges pour assurer la pérennité de l’entreprise et la notion de plaisir à travailler et progresser ensemble. Le développement durable agit vraiment comme un catalyseur d’innovation, une contrainte vertueuse, qui nous pousse à progresser.

PEG : Comment votre engagement se concrétise-t-il au quotidien ?

CD : Dans un bâtiment neuf, éco conçu, dans lequel on se sent bien, la notion d’imprimeur propre s’est imposée de fait. Outre le rangement et l’entretien permanent, le tri sélectif et le traitement des déchets ont été poussés à l’extrême. Le remplacement des produits par des équivalents toujours moins nocifs ou plus respectueux de l’environnement a été généralisé (encres végétales, papier recyclé ou issu de forêts gérées durablement, etc.). L’intégration des nouvelles technologies (flashage CTP, serveur FTP, presses offset robotisées) et l’optimisation de nos procédures de production nous permettent aujourd’hui d’atteindre nos objectifs en terme de productivité, de réduction de la non-qualité et d’impact sur l’environnement. Plusieurs certifications environnementales sont venues valider notre degré d’engagement à maîtriser l’impact de nos activités sur l’environnement : Imprim’Vert en  2004 puis en 2007 PEFC et FSC. En 2008 nous avons été certifié ISO 14001 / niveau 2 et l’an dernier nous avons réalisé notre bilan carbone.

PEG : Comment ce projet a-t-il été accueilli par les salariés et les clients ?

CD : En s’appuyant sur chacun des 3 piliers du développement durable (environnemental, social et économique), nous avons revu l’intégralité des processus afin d’impliquer chacun de ses personnels dans la performance globale de l’entreprise. Nous avons ainsi demandé à chacun de réfléchir aux améliorations à apporter à son poste de travail (ergonomie, éclairage…) et aux process. Le service technique a, par exemple, réclamé des dossiers commerciaux plus complets, etc. L’accueil a été très positif. On gagne toujours à écouter, dialoguer, améliorer les conditions de travail… Petit à petit, nous avons également sensibilisé l’ensemble des clients à la démarche développement durable et nous leur apportons un service à forte valeur aoutée : le conseil tout au long du cycle de vie des imprimés. Parallèlement nous développons la notion d’entreprise citoyenne, impliquée dans son environnement, en participant à des fédérations, associations, en organisant des journées portes ouvertes, en rédigeant le guide de l’acheteur public en imprimerie, etc.

PEG : Quels sont vos projets pour  2010 ?

CD : Passer le niveau  3 de la certification ISO 14001 et après le bilan carbone que nous avons réalisé, initier des pistes de réductions et de compensation.
Plus d’information sur www.point44.com
eco-jonction février 2010

Votre imprimeur est-il « vert » ?
Au moment de choisir un imprimeur, vous devez être attentif à plusieurs points pour connaître son engagement en matière de développement durable.
L’imprimeur est-il Imprim’vert ? Cette marque atteste que l’imprimeur a mis en place un tri sélectif de ses déchets
* Les produits utilisés sont-ils FSC et/ou PEFC, les encres végétales ?  Un papier certifié FSC ou PEFC est produit à partir de fibres vierges dont la pâte est issue de forêts dont les conditions d’exploitation et de coupe sont reconnues comme étant durables.
* L’imprimeur est-il certifié ISO 14001 ? Cette certification atteste que l’imprimerie a la maîtrise de ses activités sur l’environnement et s’est engagée dans un processus d’amélioration continue.

 

Lancer un hôtel eco-labellisé

Lussac-Les-Châteaux dans la Vienne…Ses commerces, son marché, ses cafés, ses grottes préhistoriques, ses spectacles l’été, son bal du 14 Juillet et les Orangeries, un de ses hôtel-restaurant. Un établissement de charme, préservé du temps, avec son immense parc arboré et son mur de vieilles pierres. Premier hôtel labellisé Ecolabel Européen en France, les Orangeries met tout en œuvre pour offrir confort et dépaysement tout en réduisant son empreinte écologique.

Paul-Emmanuel Géry : Olivia Gautier, vous êtes la co-fondatrice et directrice de l’établissement depuis son ouverture en 1999. Comment est née l’idée de lancer un hôtel « développement durable » ?

Olivia Gautier : Mon mari, Jean-Philippe Gautier, architecte DPLG, est à l’origine du projet hôtelier des Orangeries, une demeure familiale. Il en a conçu  chacune des étapes et a réalisé un projet d’architecture durable, avant l’heure, en utilisant des matériaux locaux, du chanvre pour l’isolation, etc. Personnellement,  ma prise de conscience environnementale date de 2005. Ma participation à un congrès du Centre des Jeunes Dirigeants sur le développement durable ainsi qu’aux Universités de la Terre, initiées par Nature et Découvertes, a été un véritable électro choc. Il m’a poussé à lancer la société dans une réflexion sur la performance globale et le tourisme responsable.

PEG : Comment ce projet a-t-il été accueilli ?

OG : Il a fallu se battre au départ car ce n’était pas encore dans l’air du temps. Cela a finalement été plus facile en interne car nous avions une équipe, d’origine rurale, sensibilisée au gaspillage. Nous avons également été accompagnés pour le montage du dossier par 3 stagiaires, étudiant le développement durable, et avons effectué en interne des formations, avec visite de déchetterie, conférence sur les enjeux du développement durable…. L’AFNOR, qui décernait pour la première fois l’Ecolabel  Européen* est également venue. L’hôtel a enfin bénéficié d’une aide de la Région Poitou-Charentes au titre du fond régional pour la Maîtrise de l’énergie, des déchets et du développement durable.

PEG : Comment votre engagement se concrétise-t-il  au niveau de la construction, de la gestion du personnel et de la vie quotidienne de vote établissement ?

OG : Le référentiel de certification,  nous a servi d’outil de management. Le label, obtenu en  2006,  est en effet attribué selon 84 critères de performance environnementale dont 37 optionnels. Nous avons travaillé sur trois axes majeurs :

* La consommation d’eau et d’énergie avec, par exemple, la mise en place des systèmes hydro-économes dans les salles de bain. L’arrosage est effectué la nuit et nous récupérons l’eau de pluie (300 m3/an). Pour l’énergie, des actions ont complété l’existant : contrat EDF Equilibre 100%  énergies renouvelables et ampoules basse consommation s’ajoutent aux  boîtiers coupe-contact et aux robinets thermostatiques. Des panneaux solaires viennent d’être installés pour l’eau chaude sanitaire ainsi qu’une ventilation double flux.

* Les déchets. Nous avons supprimé tous les produits jetables et suremballages individuels : fini les traditionnels petits cadeaux dans les salles de bain, remplacés par des formules d’origine végétale 100% biodégradables en distributeur. Les confitures maison sont proposées en buffet, les thés en vrac, les cartouches d’encre rechargées…  Les déchets sont eux valorisés par un tri sélectif minutieux, sans oublier le compostage, la reprise des emballages par les fournisseurs et les dons de draps et matériels électronique aux associations.

* Troisième axe de travail : les achats. Les Orangeries se fournit en priorité en produits Ecolabel (produits d’entretien, draps, ampoules…). Nous sommes par ailleurs de plus en plus attentifs à la proximité des fournisseurs, en particulier pour l’alimentation. Nous boycottons dorénavant les produits acheminés par avion. Pour les denrées d’importation incontournables (thé, café, chocolat), nous choisissons des produits issus du commerce équitable et/ou biologiques.

Bien sûr tout n’est pas encore irréprochable, nous avons encore du travail, par exemple, sur la comptabilité carbone, le chauffage…mais nous avons enclenché un mouvement, qui sera demain la norme. Et pou citer l’Abbé Pierre « Il ne faut pas attendre d’être parfait pour commencer quelque chose de bien ».

PEG : Et cet engagement est-il un plus ?

OG : Indéniablement, c’est un plus concurrentiel pour nos clients professionnels  qui viennent en séminaire. Le développement durable est un critère de choix important. De plus nous pouvons leur organiser des visites d’entreprises exemplaires dans ce domaine : déchetterie, méthanerie, etc. Chez les particuliers, certains sont moins sensibilisés au sujet et nous devons leur expliquer notre démarche, notamment en ce qui concerne le restaurant.

PEG : Votre restaurant bio qui vient d’ouvrir ?

OG : Oui c’est un restaurant éco-conçu avec une architecture bio climatique (patio, matériaux naturels, panneaux solaires, cheminée avec récupérateur de chaleur…). Nous y proposons des menus qui se déclinent au fil des saisons et des productions locales. Pour tenir compte du bilan carbone des aliments, nous sélectionnons le meilleur des potagers et fermes voisines, pour la plupart bio ou engagées dans une démarche d’agriculture raisonnée. Nous boycottons entre autres les espèces poissons menacées, les OGM, avons réduit la consommation de viande et proposons des vins naturels, sans additif, ni levures chimiques ni manipulation. Bref une nourriture saine, facile à digérer et agréable.
Pour en savoir  plus : www.lesorangeries.fr
eco-jonction janvier 2010

 

Nigay : performance et développement durable

Nigay S.A est le leader européen des caramels aromatiques, des caramels colorants et des caramels spécialités. L’entreprise est implantée sur le site de Feurs dans la Loire et emploie 80 salariés pour un chiffre d’affaires de 28 millions d’euros. Depuis une quinzaine d’années elle a relevé le pari de la qualité et du développement durable sous l’impulsion d’Henri Nigay, le Président du directoire et de son frère Yves, le Directeur Général. Avec succès.

Eco-Jonction : comment est né votre intérêt pour le développement durable ?
Henri Nigay : Cet intérêt est en quelque sorte dans nos gênes. Notre grand père, qui dirigeait également Nigay, a été l’un des membres fondateurs en 1951 de l’Association des entreprises du bassin Loire-Supérieure-Auvergne pour la prévention des pollutions industrielles et la Protection de l’Environnement (ALSAPE). Notre père en a ensuite été le trésorier, tout comme moi. Mais notre prise de conscience la plus importante remonte aux années  1995-1996. Nous nous sommes alors aperçus que nous n’étions pas en conformité avec la réglementation ICPE (Installation Classée pour la Protection de l’Environnement). Nous avons alors été accompagné par la Chambre de Commerce et d’Industrie pour nous mettre en conformité et avons également dans la foulée décidé de passer la certification ISO 14000. Une démarche récompensée par le diplôme du Mérite Environnemental, décerné par la Fédération Rhône-Alpes de protection de la nature (FRAPNA).

L’Association Régionale pour l’Amélioration de la Compétitivité par la Qualité (ARACQ), une association dont vous êtes le Président, a également joué un rôle important ?
Oui tout à fait. En partant de la question de la qualité nous avons participé à de nombreuses actions collectives de sensibilisation, autour notamment de Christian Brodhag, professeur à l’Ecole des Mines de Saint Etienne et ancien Délégué interministériel au Développement Durable. La qualité a réellement été au cœur de notre réflexion et nous a permis de prendre conscience de ce qu’est le développement durable, que certains prenaient pour un effet de mode. Pour nous c’est le « ciment » qui nous permet d’assembler des « briques » qualiticiennes (ISO 9000, 9001, 9004), une « brique environnement » (ISO 14000), un engagement sociétal (ISO 26000), plus une éthique et des valeurs importantes à nos yeux. Nous avons traduit tout cela, pour nos salariés, à travers une charte qualité, une consacrée à l’environnement, une autre à la sécurité des personnes et des biens et une pour la sécurité alimentaire. Toutes ces chartes sont « coiffées » par une charte DD qui donne de l’unité à l’ensemble de notre système de management. Nous avons également développé des actions de mécénat. Nous sponsorisons, par exemple, le club de foot local, la Croix Rouge, les Restos du cœur et d’autres.

Au-delà de ces chartes, avez-vous mis en place d’autres opérations pour sensibiliser vos salariés ?
Nous organisons deux réunions par an avec le personnel sur la qualité, ainsi qu’une sortie sur des sites protégés pour prendre conscience qu’au bout de nos tuyaux, et de la station d’épuration, il y a la nature et la Loire. Nous mettons également sur pied des rencontres avec des associations impliquées dans des projets de développement durable, par exemple au Maroc.

Au niveau technique, avez-vous du faire des investissements importants ?
Bien sûr. Nos avons ainsi construit un nouvel atelier de fabrication de caramel. Nous avons repensé la tuyauterie  avec un système de  raclage des tuyaux pour ainsi limiter les pertes de caramel. Nous avons également optimisé la consommation d’eau, d’énergie. On a, par exemple, mis en place la récupération de l’énergie, dégagée sous forme de vapeur, lorsque le sucre est porté à hautes températures. Pour traiter les rejets industriels, nous avons en outre un bassin de prétraitement, situé en amont de la station d’épuration locale. Et nous avons de nouveaux projets en tête.

Pensez-vous que la prise en compte de l’environnement soit compatible avec la performance financière et économique ?
C’est une évidence. Il y a un réel retour sur investissement : on économise de l’énergie, des ressources, on rationalise les process, on minimise le gaspillage, etc. Pour certaines actions, comme le mécénat, l’amélioration du cadre de vie ou le social, c’est à plus long terme mais c’est tout aussi important. Tout cela nous permet de rassembler l’ensemble de l’entreprise autour d’un projet commun et de valeurs universelles, fédératrices, qui donnent du sens au travail.
eco-jonction novembre 2009

 

Des crèches recommandées par la Nature

Le développement durable n’en finit plus de trouver de nouveaux espaces d’application. Dernier en date : les crèches avec 1, 2, 3 Soleil. La société, fondée en 2005, ne répond ainsi pas seulement aux angoisses des parents pour garder leurs enfants, elle leur propose en plus une démarche environnementale poussée. La première crèche inter entreprise a été lancée dans la région de Lesquin, près de Lille, en 2005, et depuis les projets fleurissent. Marc Duez, cofondateur et codirigeant des crèches 1.23 Soleil, nous explique ce parti pris écologique.

Marc Duez, comment est née l’idée des crèches  123 soleil ?
J’ai été confronté aux problèmes de garde lors de la naissance de Luc, mon premier fils. De là m’est venue l’idée de créer des structures proches du lieu de travail des parents et permettant d’accueillir les enfants selon des horaires souples. Avec mon frère Pierre, nous avions pour projet de monter notre boîte depuis longtemps, ce fut l’occasion de se lancer tous les deux dans l’aventure.
La famille est quelque chose de sacrée pour nous, cela se retranscrit dans notre manière de travailler et dans la manière dont nous accueillons nos salariés, parents et enfants. Concernant le nom de l’entreprise, là encore c’est une histoire de famille, c’est Elise, ma femme, qui en a eu l’idée !

Pourquoi avez-vous décidé de vous intéresser au développement durable ?
Nous souhaitions accueillir les enfants de la meilleur façon qui puisse être et quoi de mieux que le Bio pour ça ? Bien évidemment il s’agit d’un concept plus vaste. Pour nous, il était et il est question de préserver à la fois la santé des enfants en éradiquant toutes les substances nocives que l’on peut retrouver dans l’air intérieur comme les phtalates, benzènes et autres formaldéhydes, mais notre priorité est également de préserver l’environnement, de lutter contre la déforestation, contre le gaspillage énergétique, contre les organismes génétiquement modifiés, etc.

Comment cet engagement se concrétise-t-il  au niveau des constructions et de la vie quotidienne de la crèche ?
Chaque jour nous travaillons à être toujours plus écolo dans notre démarche. Depuis le début, nos process environnementaux se sont considérablement améliorés. Aujourd’hui nous disposons d’un véritable savoir-Vert ! Cela se retranscrit dans nos crèches qui sont entièrement passives et créditrices en CO2. Plus précisément, nos constructions visent à réduire au strict minimum notre consommation énergétique et à être saines pour la santé. Nous utilisons exclusivement des matériaux nobles et non-traités, l’isolation est faite en déchets de pull du Relais, les revêtements de sol et les murs sont écologiques, la robinetterie est électronique et thermo régulée pour limiter la consommation d’eau. Nous récupérons également les eaux de pluie dans des noues qui permettent la biodiversité…..
La gestion quotidienne de la crèche se veut également la plus écologique possible. L’alimentation des enfants est bio ; les matelas, le linge de lit, les turbulettes, le linge de toilette sont en coton bio ; les couches-culottes sont écologiques tout comme les produits d’hygiène des enfants et les produits d’entretien. Nous utilisons également des biberons garantis sans phtalates ni bisphénol A.
Ce mode de fonctionnement écologique est un véritable moteur pour les salariés qui s’impliquent avec enthousiasme et qui nous aident à être toujours plus « verts » dans notre démarche.

Comment compensez-vous le surcoût des projets et du quotidien ?
Il n’y a pas véritablement de surcoût. En tout cas sur le long terme. Par exemple nous n’avons aucun frais liés au chauffage de nos structures puisqu’elles se chauffent d’elles-mêmes grâce à un système de récupération de la chaleur sous le bâtiment. En ce qui concerne les achats liés à la gestion quotidienne, comme les biberons, les couches ou autres fournitures que nous achetons bio ou écologiques, c’est effectivement un peu plus cher que le matériel conventionnel mais de cette manière nous faisons un geste pour préserver notre planète.

Quels sont les bâtiments développement durable déjà construits et les projets ?
Toutes nos crèches s’inscrivent dans une démarche développement durable. Nos crèches sont, soit des bâtiments que nous construisons et qui sont à la pointe des techniques de construction écologiques, soit des structures déjà existantes pour lesquelles nous faisons tous les travaux nécessaires pour rendre les espaces les plus sains possibles. Aujourd’hui, nous gérons neuf crèches. Nous disposons de trois bâtiments passifs et créditeurs en CO2 dans la région Nord-Pas-de-Calais. Deux autres sont en construction dans cette même région.

Comment ces projets développement durable ont-ils été accueillis ?
Nos crèches écologiques suscitent énormément la curiosité. Les parents sont ravis et se montrent particulièrement intéressés. Il n’est pas rare que l’on nous pose des questions sur les techniques de construction ou que l’on nous demande des astuces pour rendre les intérieurs moins nocifs.

Avez-vous perçu une évolution des mentalités des entreprises et des collectivités sur ce sujet (la prise en compte du développement durable) depuis vos débuts ?
Si les entreprises et les collectivités avec qui nous travaillons sont demandeuses de notre spécificité écologique, nous avons cependant remarqué une évolution. Par exemple dans les appels d’offre auxquels nous répondons, les aspects écologiques du bâtiment sont demandés de plus en plus souvent.

Pour en savoir plus : www.creches123soleil.fr
eco-jonction octobre 2009

 

Le bureau graphique : comment communiquer en vert peut être un vrai business

Lorsque Stéphanie Bergeon a créé sa petite entreprise de graphisme et communication en 2006, elle décide de cibler sa clientèle sur le marché bio : en matière de packaging et de communication, elle savait que tout restait à faire dans ce domaine.

Pourquoi avez-vous décidé de vous intéresser plus précisément au bio pour lancer votre petite entreprise ?
 Lorsque j’ai crée LE BUREAU GRAPHIQUE fin 2006, j’étais convaincue de la nécessité d’apporter mon expérience et nos compétences techniques, sur le marché du Bio. Il a fallu convaincre ses acteurs qu’il existait un réel déficit de communication et d’information sur leur marque et leurs produits, en leur proposant des solutions s’inscrivant dans une démarche écologique et durable.

Comment avez-vous été accueillie par les différents acteurs du bio ?
Les réticences furent nombreuses, la communication restant pour beaucoup l’apanage des grosses structures, avec de gros budgets, qui inondent leurs clients de publicité et d’information, les poussant à une sur-consommation. Pourtant, pour moi, la problématique reste la même pour tous nos clients, je me dois de leur proposer des solutions en phase avec une ligne de conduite écolo.

Avez-vous une démarche résolument écologique tout au long des projets sur lesquels vous travaillez ?
Tout à fait. Dès l ‘amont d’un projet, quel qu’il soit (packaging édition, merchandising…), nous sommes force de proposition sur les techniques d’impression et les supports écologiques. Nous avons par exemple créé pour une marque bio, une gamme complète de produits bio, ainsi que ses supports de communication (banner, flyer…).  Chaque support a été conçu en fonction des engagements de la marque sur le respect de l’environnement (notamment la limitation des encres et des emballages). Pour le banner par exemple, nous avons développé un support sans PVC, avec une impression à encres végétales, et des pieds en bois issus de forêts françaises protégées.  Il s’inscrit parfaitement avec le positionnement de la marque.

Avez-vous le sentiment que le marché est en plein essor ?
Totalement : de plus en plus de mes clients se sentent concernés par cette prise de conscience écologique, même si au final, et  souvent pour des raisons de coûts, les solutions choisies ne s’inscrivent pas dans cette démarche. Mais je les sensibilise à chaque projet, et surtout je reste en veille sur les méthodes et les supports d’impression en pleine évolution.

Comment travaillez-vous au quotidien pour réussir à vous développer ?
Je rencontre beaucoup de fournisseurs (imprimeurs, les fournisseurs de papiers, de cartons…) pour les sensibiliser sur une demande de plus en plus forte. Aujourd’hui le graphisme ne suffit plus, les consommateurs attendent des marques une conscience écologique.

Et votre petite entreprise, est-elle également verte, à l’image de vos clients ?
Oui, j’y mets un point d’honneur : au quotidien, j’applique cette « green attitude »  à l’agence : nous n’imprimons  sur du papier écologique que les documents administratifs. Nous avons également opté pour des bureaux nomades : nous nous partageons entre le travail à domicile très apprécié, et des rendez-vous hebdomadaires dans des bureaux loués à la journée ou à la semaine selon la charge de travail. Ma consommation d’énergie est plus réfléchie et mon quotidien plus détendu !

Pour contacter le bureau graphique : sbergeon@lebureaugraphique.com   tél : 01 56 05 54 65
eco-jonction septembre 2009

 

Celnat, la petite entreprise qui a réussi grâce au développement durable

La société Celnat est implantée depuis les années 70 au cœur de l’Auvergne, aux alentours du Puy en Velay.
Son fondateur, Jean Celle, avait à l’époque fait un pari osé, auquel personne ne croyait : alors que tous les chefs d’entreprises et les agriculteurs ne juraient que pas l’agriculture intensive et les importations de matière première, il décide, par conviction, de tout miser sur le bio, la qualité, et de ne travailler qu’en local…Inutile de dire que, en 1975, il fallait y croire oser nager à contre courant.
Mais l’expérience de Jean Celle montre que le développement durable, ce n’est pas qu’un mot lancé en l’air et simplement destiné aux pays en voie de développement : Jean Celle a prouvé qu’en ayant une approche citoyenne de l’entreprise, il était possible de faire croître une petite entreprise, même dans les régions les plus reculées, les plus enclavées, et les plus arides de France…

Une petite entreprise familiale
Jean Celle est né dans une famille de meunier. Chez les Celle, on est meunier de père en fils depuis 1834. Mais lorsqu’il reprend le moulin familial, dans les années 70, l’entreprise végète et est soumise aux impératifs de l’époque : on intensifie l’élevage et les cultures on importe les matières premières trop rares sur les terres arides du Velay.
Contre toute attente, Jean Celle décide de changer de politique. Il installe sa petite entreprise dans le Velay, la baptise Celnat, et décide d’utiliser l’agriculture locale, d’employer des gens du coin, et de faire des produits de qualité.
Vite dit…à cette époque, l’agriculture dans le  Velay est moribonde : les parcelles de terre sont toutes petites, leur accès est difficile, les conditions climatiques sont très ingrates. Bref, ces terres n’intéressent personne…

Une PME qui a développé la bio locale
 Jean Celle ne s’est pas découragé. Armé de ses convictions, il a décidé de poursuivre sa politique de développement et de soutenir l’agriculture biologique locale. Pour démarrer, ce chef d’entreprise convaincu, a été obligé d’importer ses farines d’autres régions françaises. Mais peu à peu, il a su développer l’agriculture bio au niveau local, et il en a fait le fer de lance de sa société : l’image de ses produits est bâtie sur ses convictions : parce que tout s’est peu à peu mis en place dans le Velay, la traçabilité des produits est extrêmement transparente, et les clients achètent avec confiance.
Pourtant, à court terme, cette nouvelle politique paraissait peu rentable : le développement durable s’est installé lentement, mais solidement.
Jean Celle a su mettre en place un réseau précis pour développer son idée :
- Il a embauché un spécialiste de l’agriculture bio en moyenne montagne
- Il a réalisé des études poussées sur les différentes semences, et celles qui seraient le plus adaptées aux terres du coin
- Il a investi dans un matériel adapté aux petites parcelles, et aux terrains difficiles
- Il s’est engagé auprès des agriculteurs sur des contrats à long terme, afin de garantir à tous des prix stables.

Afin de faire connaître sa société, et de tenter de changer les mentalités, mais aussi afin de travailler main dans la main avec les autorités locales, Jean Celle a développé de nombreux projets avec la ville :

- Il a mis en place une campagne intitulée «  manger bio dans les cantines scolaires », et les agriculteurs n’ont pas hésité à se rendre dans les écoles.
- Il organise une foire annuelle des produits locaux et bios
- Il a ouvert son usine au public afin que les consommateurs puissent venir découvrir sa façon de travailler.

Jean Celle partage aujourd’hui ses convictions avec sa fille, qui prend peu à peu le relai au sein de l’entreprise. Pour ce chef d’entreprise avant-gardiste, la qualité des produits et le bien-être d’une région ont toujours été une priorité. Chez Celnat, l’agriculteur n’est pas un simple exécutant qui se tait et fournit la matière première. Employés du moulin, commerciaux, tous travaillent main dans la main avec un objectif commun : avoir une approche citoyenne du produit que l’on vend.
Et ça marche ! Les produits Celnat sont aujourd’hui vendus partout en France, et les consommateurs connaissent la réputation de l’entreprise. Ils achètent en toute confiance.

www.celnat.fr