Portrait

Une entreprise nantaise réduit l’impact énergétique des logiciels


Si le grand public et les professionnels sont depuis longtemps conscients de la nécessité de limiter la consommation de ressources et de favoriser l’éco-conception, un domaine reste souvent négligé : le numérique. Face à l’accroissement de la consommation énergétique lié au digital, Greenspector a mis au point une solution unique sur le marché, destinée à réduire l’empreinte environnementale des logiciels. Rencontre avec Thierry Leboucq, président-fondateur de cette start-up nantaise.

Pouvez-vous nous présenter la solution Greenspector?
Greenspector est une solution logicielle, un plug-in qui vient s’installer à l’intérieur de la chaîne de fabrication, lors de l’écriture même du code informatique. Elle détecte et cible les mauvaises pratiques en amont, et permet de corriger les problèmes. Plus simplement, elle propose aux développeurs d’adopter de meilleures pratiques de travail, plus économes du point de vue des ressources, et plus efficaces.

Pourquoi avez-vous mis au point la solution Greenspector?
L’idée est venue d’un constat simple. Aujourd’hui, le digital régit tout ou presque. Nous assistons à une véritable explosion du numérique, en volumétrie et en consommation d’énergie et d’électricité. Cela induit un coût d’exploitation croissant, et de multiples problèmes en termes de développement durable. De plus, les constructeurs sortent des matériaux de plus en plus efficaces. Ainsi, en tant que développeurs, nous faisons de moins en moins attention aux ressources nécessaires pour faire fonctionner nos logiciels et à leur efficacité. Nous avons donc voulu revenir aux bonnes recettes de grands-mères !

En quoi un logiciel éco-conçu est-il plus performant qu’un logiciel classique ?
Un logiciel qui a besoin de moins de ressources pour fonctionner sera naturellement plus performant. Un logiciel ne s’use pas, ne se jette pas. C’est immatériel. À l’usage, ce sont la consommation énergétique et la ressource qui peuvent avoir un impact sur son fonctionnement. Par exemple, une grosse application, qui a besoin de beaucoup de ressources pour fonctionner, consommera beaucoup plus d’énergie. Ces facteurs contribuent à dégrader la performance (lenteurs, autonomie du matériel) et participent de l’obsolescence du matériel. Il est donc essentiel de faire baisser les besoins énergétiques des logiciels, de les éco-concevoir pour gagner en performance.

Qui sont vos clients ? 
Nos clients sont plutôt des grands groupes comme Orange, La Poste, la SNCF, Atos. Des structures où les enjeux financiers et RSE sont importants, comme les banques par exemple.

Quels ont été les retours des entreprises ?
Le critère numéro un est le gain d’autonomie. Nous avons pu nous appuyer sur un référentiel de 150 bonnes pratiques héritées de nos cinq années de recherches collaboratives. Nous avons eu de nombreux retours de gains intéressants : plus de 20% de ressources énergétiques économisées en deux jours sur smartphone et 80% sur serveur.

Vous êtes l’unique éditeur au monde à proposer une telle offre, quelles sont les perspectives pour Greenspector ?
C’est un marché naissant et un pari pour Greenspector depuis le début de l’aventure. Le contexte d’explosion numérique est très favorable et tous les éléments sont là pour que ça fonctionne. C’est passionnant d’avoir la main sur notre projet et de défendre nos valeurs, notamment de développement durable. Nous souhaitons jouer notre rôle d’éditeur, de prescripteur et apporter un service à forte valeur ajoutée. Du point de vue du développement de Greenspector, nous voulons faire évoluer notre modèle en deux temps. Nous souhaitons d’abord continuer à nous structurer et à grandir en France. Nous passons ainsi de sept à quinze employés à la fin du premier semestre 2016. Puis, courant 2017, nous nous ouvrirons au marché européen courant.

Plus d’informations sur le site de Greenspector.
eco-jonction avril 2016

 

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