Tendances

Une méthode innovante pour dépolluer l’eau et créer de l’énergie


Comment parler du mariage de l’eau et de l’énergie ! Comment peut-on réaliser cela ?
Le mariage idéal est l’union de deux complémentarités. Alors, comment trouver une complémentarité entre l’enjeu de la qualité pour l’eau, avec l’enjeu de la quantité pour l’énergie ? Un entretien avec Karin Boras nous apporte des réponses !

Pourquoi, la qualité de l’eau ?
En fait, lorsque nous ouvrons un robinet, nous ouvrons le compteur d’eau pour acheter de l’eau.
Mais la question est : mais pourquoi achetons-nous de l’eau du robinet ?

En fait, nous achetons de l’eau pour avoir le droit de la salir. En fait, l’eau est une autre forme de poubelles, ce sont nos poubelles liquides. Nous recyclons nos poubelles de déchets solides, pourquoi ne pas recycler nos poubelles liquides ?

Et le second sujet de réflexion : pourquoi la quantité d’énergie ?
Tout le monde sait que nous avons de plus en plus besoin d’énergie, mais nous avons moins d’énergies disponibles. Nous savons également qu’en utilisant de l’énergie non renouvelable, nous accentuons la pollution CO2 donc, nous accélérons le réchauffement climatique.

N’est-ce pas un paradoxe ?
Individuellement nous achetons de l’énergie pour nos besoins, mais indirectement nous finançons l’évolution du changement climatique. En raccourci, nous achetons individuellement, le réchauffement climatique pour tous. Mais le problème c’est que nous n’avons pas de thermostat, pour réguler le climat…

Maintenant qu’on a compris la qualité de l’eau et la quantité d’énergie, comment les mariez-vous ?
Ce n’est pas moi ! C’est une entreprise qui s’appelle Ennesys qui a rapproché ces deux sujets et s’est posée cette question bizarre : comment chacun de ces problèmes peut apporter une solution au problème de l’autre ?
Et ils ont trouvé le marieur ! Ce sont des micro-algues qui vivent dans l’eau et se gavent tellement des saletés des eaux qu’elles en deviennent obèses : 50 % de leur masse est de la graisse ! Du coup, qui dit graisse, dit huile, qui dit huile dit énergie.

Ennesys se sert donc de la gourmandise des algues, pour dépolluer les eaux usées et créer de l’énergie ?
Le problème, c’est que les centrales de biocarburants à base d’algues sont très consommatrices d’énergies : alors à quoi cela sert-il de faire de l’énergie, en en utilisant beaucoup? Et ces centrales produisent une énergie inaccessible pour le consommateur : 5 à 10 € au litre.

C’est une bonne solution mais juste en théorie, alors !
Non, c’est une bonne solution en pratique, car Ennesys a contourné ce problème en installant des tuyaux en verre, à l’horizontale ou à la verticale, sur les façades ou toitures, créant une sorte de centre de thalasso pour micro-algues, pour qu’elles se prélassent tranquillement.
Les tuyaux récoltent les eaux usées de l’immeuble qui leur apportent les pâtisseries dont elles se gavent. Et lorsqu’elles sont à point, on les récolte pour les transformer en énergie.

Avez-vous des chiffres à donner ?
Grâce à la photosynthèse, le phytoplancton est récolté en 24h puis valorisé en énergie thermique et électrique. Comme la culture du phytoplancton produit entre 120 et 400 kWh/m²/an, les rendements sont importants. C’est deux fois moins cher que le photovoltaïque, et rentable sous 3 à 5 ans. Les consommations d’eau et d’électricité sont diminuées de 80%. Une fois nettoyée par les algues, l’eau peut être réutilisée dans le circuit d’eaux « grises » (par exemple les chasses d’eau) de l’immeuble.

Ceci est vraiment une histoire d’avenir !
…mais à consommer toujours avec modération ! Ce n’est pas parce que c’est renouvelable qu’il faut gaspiller !

Ecouter la chronique de Karin Boras en podcast en cliquant ici

Karin Boras
si vous souhaitez faire part de vos réflexions : karin.boras@pme-pmi-durables.com
eco-jonction mars 2015

 

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